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Quelques milliards pour les routes


13.02.2017

 

Adoptée dimanche à 62% la création du fonds routier FORTA doté de 3 milliards de francs par an devrait permettre de financer les routes et leur entretien. Le premier financement est prévu pour 2020. FORTA a convaincu 1,5 million de votants, alors que 923'000 personnes ont glissé un "non" dans l'urne.

Les Suisses ont approuvé la création d'un fonds routier doté de trois milliards de francs par an pour financer autoroutes et mobilité urbaine par 62% des voix. Le fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) a reçu le soutien le plus élevé dans les cantons de Neuchâtel (76,9%) et de Vaud (74,3%). Tous deux attendent en effet avec impatience la manne fédérale pour construire entre autres les contournements de Morges (VD) et du Locle (NE). Ils sont suivis du Valais (63,4%), du Jura (61,8%), du canton de Fribourg (60,2%), de celui de Berne (59,1%) et de Genève (56,8%). Aucun canton n'a boudé le nouveau fonds routier. Le "oui" le plus timide a été prononcé par Bâle-Ville (53,6%).

Le fonds devra permettre de remplacer les infrastructures routières devenues obsolètes, et aussi, par déduction, de diminuer les bouchons, ce sur quoi ont misé les votants. Un montant de 390 millions de francs est prévu pour des projets de mobilité douce et les transports en commun, notamment les trams et le métro. Les cantons participeront à hauteur de 60 millions de francs par an à l'inclusion des 400 km de routes cantonales au réseau national.

Des moyens qui vont garantir les futurs financements routiers et permettre de rattraper le retard constaté dans la région lémanique, soulignait pendant la campagne la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite (PS), estimant qu’il y a eu «clairement un sous-investissement de la Confédération en la matière».

Rattraper le retard

Le Conseil fédéral veut faire vite et mettra en consultation les ordonnances correspondantes le mois prochain pour communiquer aussitôt le premier programme d'aménagements financés par le fonds au Parlement à la fin de l'année.

Le premier financement quadriennal est prévu pour début 2020. "Le contournement du Locle va pouvoir avancer", a remarqué la ministre des transports Doris Leuthard. L'augmentation de 4 centimes du prix de l'essence ne devrait pas intervenir avant 2019-2020.

Afin de répondre à l’explosion du trafic dans les régions de Genève et de Lausanne, une série de réalisations figure au programme stratégique de la Confédération, que FORTA devrait alimenter. D’abord, un complément au réseau routier: le fameux contournement de Morges, prévu à l’horizon de 2045. Il s’annonce clairement comme le plus coûteux: 3,4 milliards au bas mot.

En tout, 25 projets sont évoqués dans le canton de Vaud. Parmi les principaux: la deuxième phase des travaux autour de Crissier, à réaliser d’ici à 2030 (143 millions). Berne a déjà alloué une première tranche d’environ 190 millions pour ces travaux. Dans une deuxième étape, il est prévu de faire passer de deux ou trois voies l’autoroute entre Villars-Sainte-Croix et Cossonay d’ici à 2040 (122 millions). Le réaménagement de plusieurs routes dans le Chablais figure aussi au programme des investissements.

Des travaux aussi pour les transports publics

A Genève, «plusieurs milliards sont prévus désormais pour améliorer le contournement autoroutier, se félicitait il y a quelques semaines, le conseiller d’Etat Luc Barthassat (PDC). Ce FORTA sera vital pour fluidifier le trafic.» Genève attend de FORTA qu’il puisse financer l’élargissement de l’axe autoroutier Coppet-Nyon à hauteur de 201 millions d’ici à 2040. A plus courte échéance, d’ici à 2030, des travaux sont prévus pour lutter contre les «goulets d’étranglement», cauchemar chronique des usagers de la route. Les travaux consisteront à rajouter une voie de circulation sur les tronçons Perly-Bernex (524 millions), Bernex-Genève Aéroport (749 millions) et Le Vengeron-Coppet (201 millions). La traversée du lac, acceptée par les citoyens genevois en juin 2016, était un projet trop embryonnaire jusqu’ici pour figurer au programme. Techniquement, tous les financements (qu’ils aient été acceptés ou non) seront désormais intégrés au FORTA. C’est notamment le cas du tronçon Genève Aéroport-Le Vengeron (61 millions) dont l’élargissement a déjà été accepté par les Chambres fédérales.

Les investissements de FORTA devraient également apporter des moyens pour développer les transports publics – raison affichée du soutien d’une partie de la gauche. Le fonds fédéral devrait ainsi permettre la réalisation complète du futur métro M3 à Lausanne. Dans le Chablais, la réalisation d’un réseau de bus d’agglomération en bénéficiera. «Avec l’actuel fonds d’infrastructure, la Confédération a participé aux deux premières générations de projets à hauteur de 3,21 milliards de francs, relevait l’an dernier l’Union des villes suisses (UVS) Avec les projets urgents, il ne reste que 230 millions de francs pour des projets d’agglomération dans le fonds d’infrastructure.» Grâce à FORTA désormais, «390 millions par année seront assurés au moins jusqu’en 2030», expliquait récemment le conseiller national et ancien syndic de Lausanne, Daniel Brélaz (Verts).



 
 
  
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