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La construction du Musée cantonal des Beaux-Arts se termine


3.12.2018

Huit ans après le concours international d'architecture, le nouveau musée, en construction près de la gare de Lausanne, entre dans sa dernière ligne droite. «Nous y sommes presque», s'est réjoui devant la presse Olivier Steimer, président du Conseil de Fondation.

 

 

Alors qu’en 2008, un vote citoyen avait rejeté l’idée de déplacer le nouveau MCBA en bord de lac, le projet choisi à l’unanimité suite à un concours international d’architecture en 2010 a destiné le musée à recevoir les plus grandes œuvres en plein cœur de la ville, à la sortie de la gare CFF. Le bâtiment, long de 140 mètres, a engendré une mutation urbaine historique pour Lausanne.

Des techniques spécifiques au musée

Pour la conservation des œuvres d’art, le maintien d’une atmosphère stable, avec une température et un taux d’humidité adéquats, est obtenu grâce à une installation technique qui garantit la circulation de l’air traité. Mais toutes ces installations techniques prennent du volume et sont, pour cette raison, dissimulées sous un faux-plancher de 74 cm d’épaisseur. Le double-flux est particulier au musée sachant que les salles, bibliothèques, pièces de conservation des œuvres et des archives, ainsi que d’autres espaces, sont totalement hermétiques. Des installations techniques liées à la lumière, toujours en lien avec la conservation et l’exposition des œuvres, demandent une capacité d’adapter et de combiner lumières d’ambiance et spots d’exposition dans des pièces qui peuvent être, soit très lumineuses grâce à leurs larges baies vitrées, soit au contraire, complètement aveugles. La structure des faux-planchers doit, de plus, être capable de supporter des charges particulièrement lourdes lorsqu’il s’agit d’accueillir des sculptures de grande taille. Mais évidemment, tout cela doit rester imperceptible pour les visiteurs. Les faux-planchers sont donc recouverts de chapes coulées de 5 à 10 cm puis d’un parquet en chêne de très haute résistance. L’isolation se compose d’une épaisseur plus large que la moyenne du fait de la nécessité de préserver une atmosphère stable pour les œuvres.


Le défi des lames de façade

La façade du musée s’élève à 22 m de hauteur. Pour ajouter à l’apparence monumentale du bâtiment, de longues lames préfabriquées en béton, autrement appelées brise-soleil verticaux, sont fixées à la structure par des ancrages Halfen® en inox, des pièces métalliques puissantes. Mais l’implantation de ces lames n’est pas simple car elle tient compte de la présence de portiques et de baies vitrées en arc, datant des origines du bâtiment, et qu’il faut contourner. Une fois fixées, ces élégantes parois en béton brut sont recouvertes manuellement de briques de 7 x 21 cm, pour rappeler le passé industriel du site. Au niveau du gros-œuvre, les murs et les dalles ont été coulés sur place tandis que les voûtes ont été préfabriquées en briques.

Un passé industriel restylé

L’architecture du nouveau musée inclut le pignon de la nef centrale de l'ancienne halle aux locomotives, témoignage du passé, et une modernité qui ouvre vers l’avenir. L’entrée, haute sous plafond, digne d’une cathédrale, comporte des verrières zénithales qui ont été «  particulièrement difficiles à réaliser, d’après l’architecte, du fait de l’étanchéité, de la reprise d’air et de l’équilibre à trouver entre l’éclairage artificiel et naturel. »

Bientôt trois musées

Dès 2021, deux autres institutions, les musées du design (mudac) et de la photographie (Elysée) déménageront sur le site et s'installeront dans un nouveau bâtiment encore en construction dont l'ouverture au public est prévue à l'automne 2021, a annoncé le conseiller d'Etat Pascal Broulis. Ensemble, les trois musées formeront un quartier des Arts d'une surface de 25'000 m2. Les 6 et 7 avril 2019, un week-end portes ouvertes marquera la fin du chantier du MCBA. Le public visitera un bâtiment vide, qui s'animera de performances artistiques. Une inauguration officielle le 5 octobre sera suivie d’une exposition sur Vienne 1900 puis Félix Vallotton. Mais la première exposition rendra hommage aux donateurs qui ont permis d'enrichir les collections. Les 3200 m2 de surface feront dialoguer œuvres récentes et anciennes, de Soulages, Penone, Kiefer, Rodin, Klee, Soutter, Balthus ou encore Vallotton. Les trois cinquièmes des espaces d'exposition, dont l'exposition permanente où seront accrochées environ 300 œuvres du 18e siècle à nos jours, seront accessibles gratuitement. Des visites pour les classes sont prévues.