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MAD : le bureau d’architecture qui porte bien son nom


23.05.2018

 

Le jeune architecte Ma Yansong a 29 ans en 2004 lorsqu’il fonde l’agence Mad. Très vite, son succès s’étend de la Chine au monde entier. L’architecte offre un nouveau type de paysage urbain où constructions et formes de la nature se confondent. Somptueux.

 

Sa philosophie de conception repose sur le principe de la « Shanshui City », c’est-à-dire l’intégration des formes organiques et des principes de conception orientaux (Shan-shui signifie montagne-eau en chinois). Selon lui, les architectes pensent trop souvent que la beauté est un crime. Lui veut créer des liens émotionnels avec l’environnement, en dessinant des géométries qui sortent du cadre standard des immeubles en «boîtes». Il imagine ainsi des structures où les usagers ne voient pas simplement un bâtiment, mais peuvent aussi le ressentir.

Mêler architecture et nature à Paris

Le premier projet européen du bureau Mad se trouvera à Paris, dans le quartier des Batignolles (XVIIe arrondissement), où sera implanté Unic, un immeuble résidentiel situé à côté des 10 hectares du parc Martin-Luther-King et du nouveau palais de justice conçu par Renzo Piano. Il se caractérise par des plaques de plancher sinueuses, chacun des treize étages se rétrécissant légèrement à mesure que le bâtiment monte pour créer des espaces dynamiques à l’intérieur. Mad tente de flouter la frontière entre architecture et nature à travers les terrasses à gradins variables de l’immeuble, qui semblent prolonger l’espace vert du parc dans l’espace vertical du bâtiment. Les étages supérieurs offrent une vue panoramique sur la capitale et la tour Eiffel. La livraison est prévue courant 2019.

Le musée Georges Lucas à Los Angeles

En forme de vaisseau spatial, le musée d’Art narratif George Lucas s’étendra sur 3 hectares en plein cœur du parc des expositions de Los Angeles. L’architecture aérienne, déconstructiviste, est « l’une des plus audacieuses au monde », selon les dires du maire de la ville, Eric Garcetti. La structure à cinq étages prend des formes sinueuses. Le public passera sous de grandes arches et les toits-terrasses offriront un espace vert supplémentaire. Les 26 000 m2 de galeries abriteront la collection d’art et d’objets du créateur de «La guerre des étoiles», soit près de 10’000 peintures, livres et illustrations : le casque original de Dark Vador et le premier sabre de Luke Skywalker côtoieront les œuvres de Renoir ou de Norman Rockwell, mais aussi des pièces rares de films cultes comme « Casablanca » ou « Le magicien d’Oz ». Lucas prévoit de financer l’intégralité du projet, dont le coût total se situera entre 590 millions et 1 milliard de dollars. Ouverture prévue en 2021.

L’Opéra de Harbin en Chine

Ce bâtiment est conçu pour refléter les courbes sinueuses du paysage des marais alentour. L’agence voulait que sa structure blanche ait une esthétique apaisante. Une réponse à la nature sauvage et au climat glacial de cette ville nordique de 10 millions d’habitants. Fini en 2015, le bâtiment de 79 000 mètres carrés dispose d’un plan à trois pétales qui enveloppe une immense place et deux salles de concert : un théâtre pouvant accueillir jusqu’à 1 600 visiteurs et un espace de représentation plus intime  pour un public de 400 personnes. A l’intérieur, l’audacieux opéra offre une esthétique zen, avec des murs blancs contemporains, des puits de lumière et des tonnes de bois. Comme sculpté par le vent et l’eau, le bâtiment se fond dans la nature.

Le village de Huangshan Mountain en Chine

Classé au patrimoine de l’Unesco, le lac Huangshan Taiping, dans la province d’Anhui, fait partie des splendeurs du pays. C’est sur ses rives qu’ont été érigés les dix blocs de logements qui composent le village livré l’année dernière ; les appartements ont tous été envisagés comme des retraites tranquilles. Reflétant la topographie locale d’une chaîne de montagnes, la structure évoque un monticule de terre. La zone où les bâtiments ont été construits était autrefois couverte de champs de thé inspirant leurs contours ondulants, notamment au niveau des balcons. Mad vise ainsi à aider les habitants à se reconnecter avec l’environnement naturel.