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La Tiny House, un phénomène mondial qui échappe à la Suisse


19.07.2017

 

Si les nouvelles petites baraques colorées du Paleo Festival ont fait couler beaucoup d’encre, le concept de la Tiny House, qui a explosé aux USA en 2008, puis s’est répandu en Europe, n’a quasiment aucune chance sur le territoire helvète.

 

Habitat alternatif et écologique, la Tiny House, ou minuscule maison en français, mesure moins de 45m2, comporte une salle de bain et une chambre, se compose de bois en général, et met en avant des préoccupations environnementales (énergies vertes, récupération d’eau de pluie) et financières, en visant aussi à laisser à ses habitants plus de temps et de liberté. Le concept est porté par un mouvement philosophique, un mouvement social fondé par le choix assumé de réduire la taille de son espace de vie pour réduire sa dépendance financière, sa dépendance géographique ou encore sa dépendance aux obligations d’un schéma de vie classique ou capitaliste. 

 

Se faire une place dans la législation

Ni mobile-home, ni villa, la Tiny House a contraint les états à créer ou à adapter de nouveaux cadres législatifs qui changent selon que la micro habitation est sur roue ou fixe.

En résumé, sur roues, avec une autorisation préalable, elle bénéficie d’une autorisation de « stationner » de trois mois seulement, mais avec un plan d’urbanisme favorable, la durée peut se prolonger. En version fixe, il faut demander un permis de construire, ou permis de travaux si la Tiny House se trouve à proximité d’une habitation traditionnelle. Là encore, tout dépend du plan d’urbanisme de la ville et du pays.

 

Tiny house et loi suisse

A Ependes près d’Yverdon, Pascal Cornu, un Fribourgeois qui avait lancé son entreprise de minimaisons en 2015, a dû déposer le bilan en décembre dernier, malgré des ventes, faute d’autorisation pour ses acquéreurs d’installer leur micro habitation. Déjà non- autorisées en zones rurales, elles sont devenues impossibles à installer en zones à bâtir. Or, la loi exige un permis de construire, ce qui n’est pas forcément compatible avec la philosophie de la Tiny House, plutôt itinérante.

Quant à imaginer la planter dans un camping, impossible puisque les Tiny House ont, le plus souvent, une mezzanine, ce qui n’est pas le cas du mobile-home.

 

Less is more

Si la Tiny House nous rapproche de nos rêves d’enfance et de nos cabanes dans les bois, il est essentiel de se demander si nous sommes prêts à abandonner la multitude d’objets qui nous entoure et à réduire notre garde-robe. Car entre 25 et 45 m2, même si les architectes rivalisent d’imagination en matière de design et de décoration, on ne garde que l’essentiel.

Suzanne Aarup, une Suédoise spécialiste de restauration d’intérieur a créé un habitat encore moins coûteux: associée à l’architecte Lars Frank Nielsen, elle a lancé « Add a room » qui propose des modules assemblables en bois de 10 à 25 m2. On construit ces parties de maison comme on veut, et on peut même les revendre. Enfin, des entrepreneurs plus «futuristes» à l’image de Werner Sobek, ont été plus loin. Cet ingénieur et architecte allemand a mis au point une maison qui produit de l’énergie plus qu’elle n’en consomme. Elle est aussi «intelligente» et dispose d’une sorte de cerveau central qui, par exemple, adapte la chaleur des pièces en fonction de la météo. Ce type d’habitat est démontable, re-montable et recyclable. Alors, à quand la Tiny révolution suisse ?



 
 
  
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