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Genève : les bâtiments de l’Arsenal deviendront l’Hôtel des archives


5.04.2018

 

Parchemins et papiers anciens, retraçant mille ans de l’histoire genevoise, sont actuellement regroupés en Vieille-Ville dans un lieu dont les conditions d’humidité et de températures sont néfastes à leur conservation. Le projet de déplacer toutes les archives dans les bâtiments de l’Arsenal est en cours et avance rapidement.

 
 
 

Assemblées, les archives s’étendent sur 30 km linéaires. Le document le plus ancien date de l’an 912. Ce sont des trésors qui retracent plus de mille ans de l’histoire genevoise qui, pourtant, ne sont pas conservés dans les conditions adéquates. Pour l’archiviste d’Etat Pierre Flückiger, il était « urgent de répondre au problème de la sauvegarde du patrimoine. » Car actuellement, les bâtiments ne respectent plus les normes de sécurité contre les incendies ou les inondations.

Une association offre 25 millions

L’Avenir du Passé, une association dotée par la Fondation Hans-Wilsdorf, financera la moitié du projet chiffré à 50 millions de francs à la seule condition que les travaux commencent impérativement avant novembre 2020. Le conseiller d’Etat chargé des finances, Serge Dal Busco, a précisé que ce projet n’aurait pas été possible sans cette donation. Tout est mis en œuvre pour que le chantier démarre effectivement avant l’automne 2020.

Un projet de jardin

Situé entre l’Arve et Plainpalais, le quartier accueille de grandes institutions (Unimail, MEG, Mamco, télévision), toutes agrémentées de leur parc ou de leur parvis caractéristique, tandis que l’arsenal s’oriente actuellement sur une cour minérale aussi austère que son affectation militaire. Les architectes du bureau Pont 12, lauréats du concours, profiteront de la transformation du lieu en Hôtel des Archives pour créer un jardin dans cet espace clos, bien protégé des nuisances. En continuité avec les arbres longeant l’Arve, la masse végétale d’un grand bosquet viendra tempérer le climat et s’interposer face à des immeubles imposants pour « réparer la ville » et offrir un espace public contemplatif à l’Hôtel des Archives.

Une conservation étanche

Mais surtout, à la quiétude contemplative du jardin répondra, en sous-sol, la protection renforcée de l’abri de biens culturels, accueillant 50 km de rayonnages, résistant aux pressions, étanche et protégé des crues centennales de l’Arve par un niveau d’entrée surélevé. Le projet assure aussi bien l’ouverture publique des Archives genevoises que leur protection à long terme. Le choix d’un bâtiment en centre-ville correspondait à l’envie de rapprocher les archives d’Etat de la population. Pour François Longchamp, président du Conseil d’Etat genevois, «les archives doivent être au cœur de la cité», et accessibles tant aux chercheurs de l’université avoisinante qu’aux citoyens. »