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Le centre d’archivage de la Cinémathèque Suisse à Penthaz


28.06.2012
Le chantier de l’agrandissement du centre d’archivage de la Cinémathèque Suisse de Penthaz poursuit son cours depuis septembre 2010. La première étape de rénovation du bâtiment existant et le nouveau bunker d’archivage souterrain devraient être achevés et mis en service cet été.
 
Le futur complexe souterrain d’archivage du patrimoine visuel suisse se creuse sous l’œil attentif des étudiants du département cinéma de l’Ecole cantonale d’Art de Lausanne et du cinéaste Lionel Baier. Ces derniers suivent toutes les étapes du chantier et documentent son évolution, notamment par le biais d’une webcam qui dévoile sur le site Internet de la cinémathèque l’évolution de l’excavation impressionnante du bâtiment. En guise de rappel, le projet développé par le bureau d’architectes zurichois EM2N vise à construire un nouveau bâtiment d’archivage souterrain surplombés par trois édicules (Penthaz II), et à transformer et agrandir le bâtiment actuel (Penthaz I) qui sera relié au premier par un tunnel souterrain. 
Depuis le printemps de l’année dernière, les travaux ont ciblé la construction des trois niveaux du complexe d’archivage souterrain. La fouille de 17 mètres de profondeur a une empreinte de 30 sur 60 m. En raison de l’excellente qualité de la molasse, l’excavation s’est fait à pic. Les ingénieurs ont opté pour des fondations à base de parois clouées, selon un entre-axe d’1,5m et des fondations superficielles avec des semelles isolées ont pu être réalisées. Au niveau du gros oeuvre, de très lourdes charges ont dû être prises en considération. «Les charges utiles habituelles se situent entre 200 et 300 kilogrammes par m2. Le bunker de la cinémathèque exige 1,5 tonnes par m2» explique Florian Riebel, ingénieur civil et chef de projet pour le compte du bureau WGG Schnetzer Puskas Ingénieurs SA, à Zurich.
Les dalles avec des portées d’environ sept mètres sont soutenues par des piliers et des sommiers. En raison des archives stockées sur des étagères posées sur rails, ayant des exigences très élevées par rapport aux déformations finales, ces dalles ont une épaisseur de 38 cm, ceci malgré l’emplacement équilibré des porteurs. La dalle de toiture du bunker, soumise aux charges utiles et jusqu’à 3,5 m de terre atteint, elle, une épaisseur de 50 cm. Le tunnel de liaison de 15 mètres de longueur a été creusé en tranchée.
 
Cuve blanche
La peau du bunker et le radier ont été réalisés en cuve blanche. «Cette technique vise à réaliser un béton étanche qui résiste à des pressions d’eau de plusieurs dizaines de mètres. A la différence de la cuve noire, qui désigne la technique d’étanchéité à base de bitumes, la surface du béton n’est couverte d’aucune étanchéité sous forme de bandes d’étanchéité ou d’enveloppe étanches. Cela exige d’augmenter l’armature, de bien planifier les arrêts de bétonnage et de les protéger par des joints gonflants. L’avantage de cette technique est la localisation simple des dommages, grâce à un patch humide présent à l’intérieur de l’élément en béton. Les fuites sont réparées de l’intérieur par l’injection de résine», développe le spécialiste.
 
Eviter toutes transmissions d’énergie
Autre grand défi de la construction du bunker, la conception climatique. «L’enveloppe a été dimensionnée avec des conditions quasi égales à celle d’un réfrigérateur pour éviter toute les transmissions d’énergie entre le sol et l’intérieur du bâtiment», compare Alexis Boesch, ingénieur CVS au sein du bureau Gruenberg + Partner, basé à Zurich. Des conditions spécifiques doivent être garanties dans l’ensemble des locaux pendant toute l’année pour assurer la protection des archives filmographiques. Les deux premiers niveaux ont une température constante entre 16 et 18 degrés, tandis que le troisième sous-sol ne doit pas dépasser les 5 degrés. Cet espace sera dédié aux films souffrant du «syndrome du vinaigre» (une dégradation propre aux pellicules d’acétate). La basse température prévient de plus fortes détériorations liées à l’acide acétique qu’ils dégagent. «Les limites, de l’ordre de plus ou moins 5% de taux d’humidité et de température, sont relativement serrées. Dans notre profession, les installations techniques requises par ces exigences sont semblables à celles des espaces de laboratoires», note l’ingénieur. Cette performance passe par une climatisation intensive, basée sur des monoblocs et une ventilation adaptée, avec des taux de renouvellement important pour maintenir les basses températures constantes dans ces conditions. Au niveau énergétique, la priorité a été donnée aux systèmes de refroidissement, avec l’installation de quatre machines frigorifiques et de 25 sondes géothermiques de 160 mètres de profondeur. Étant donné que le bunker n’a pratiquement pas besoin d’un apport de chaleur, la chaleur dégagée par les trois machines est récupérée en première priorité pour le chauffage de Penthaz I. De cette manière, ou évite l’installation d’une chaudière conventionnelle et on réduit les émissions de CO2 au minimum. La climatisation des zones «confort» (tous les locaux administratifs et de production) de Penthaz I se fait uniquement à l’aide des sondes géothermiques sans apport de froid mécanique (machine frigorifique). Penthaz I est par ailleurs certifié Minergie P Eco.
 
Nouvelle tête de bâtiment
Le gros oeuvre du bunker et le bétonnage apparent des trois édicules qui surplombent l’archivage souterrain ont été achevé en avril dernier. En parallèle, les travaux se poursuivent sur la tête du bâtiment Penthaz I. La toiture composée d’éléments de bois préfabriqués, a été installée en janvier dernier. Il s’agit d’une toiture compacte fortement isolée avec des pentes faibles dont la surface sera végétalisée. La pose des premiers éléments métalliques de façade sur le gros œuvre préalablement isolé et étanché a débuté aux premiers jours de mai. «L’enveloppe de ce bâtiment est l’élément architectural déterminant. Les façades sont en acier non traité qui va s’oxyder avec le temps. Les plaques brutes d’usine, patinées avec quelques points de rouille, ont une teinte foncée, presque violette. Leur épaisseur, relativement fine, ne dépasse pas 6 mm, mais leurs grandes dimensions et leur disposition donnera au bâtiment une certaine massivité», précise l’architecte Jean-Baptiste Joye, architecte et chef de projet pour le compte du bureau zurichois EM2N. Les panneaux de façade verticaux ont une largeur moyenne de 2,15 m pour une hauteur maximale de plus de 11 m. La fixation des panneaux par d’importantes consoles réglables vissées au gros-œuvre permet d’assurer une position optimale des éléments et des joints ouverts fins et réguliers. D’autre part les grands vitrages de la tête du bâtiment s’ouvrant sur le paysage donneront une identité aux archives de la Cinémathèque suisse tout en permettant une projection de film sur les toiles de stores. A l’intérieur, l’enfilade des vitrages des salles de réunion suspendues dans l’espace d’entrée et d’exposition offre une succession de plans sur toute la longueur de la tête du bâtiment.
Après une pose d’une année pour permettre à la Cinémathèque de déménager ses archives et postes de travails, les travaux reprendront pour rénover toute la partie ouest du bâtiment existant. Le nouveau profil du toit et la façade métallique seront étendus à tout le bâtiment de Penthaz I et unifieront ainsi la tête du bâtiment et la partie existante. La volumétrie finale de Penthaz I reprendra ainsi aussi bien le thème de des centres de production industriels à l’origine du bâtiment que celui des studio de cinéma lié à l’utilisation actuelle du lieu. (Emilie Veillon)
 
INTERVENANTS/MANDATAIRES
 
Maître d’ouvrage
Office fédéral des constructions et de la logistique à Berne, Division Gestion de projet
 
Architecte et direction générale
EM2N Mathias Müller Daniel Niggli Architekten AG ETH SIA BSA, Zürich
 
Management de projet et direction des travaux
Tekhné SA, Lausanne
 
Ingénieur civil
WGG Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Zürich
Partenaire local: Boss et associés
 
Ingénieur électricité
IBG B. Graf AG Engineering, St. Gallen
Partenaire local: Josef Piller
 
Ingénieur en CVCR et installations sanitaires
Gruenberg und Partner AG, Zürich.
Partenaire local: Riedo
 
Spécialiste Façade
Basler & Hofmann AG
 
Coordination
Portmann planung
 
Architecte-paysagiste
Schweingruber Zulauf Landschaftsarchitekten BSLA, Zürich
 

 
 
ENTREPRISES INTERVENANTES
 
Chapes/Béton dur
Laik SA, Forel
 
Rayonnages mobiles
Forster Sàrl, Yverdon-les-Bains


 
 
  
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