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Inauguration de 16 salles d’opération ultramodernes au CHUV


14.02.2017

 

Seize salles viennent d’être inaugurées pour accueillir les patients et le personnel médical dans des conditions optimales. Construites pour remplacer le bloc opératoire datant de 1982, le temps de sa rénovation seulement, les seize salles d’opération ont finalement été conservées en vue d’y installer d’autres activités médicales invasives. Les travaux sur les deux sites représentent un investissement de 100 millions de francs.

Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) continue de se développer. Parmi les importantes modifications en cours, celles concernant les blocs opératoires viennent d’entrer dans une phase déterminante. En effet, ce secteur, l’un des plus grands blocs centralisés de Suisse, réunissant dans un même espace de 4’000 m2 toutes les spécialités chirurgicales, va bénéficier d’un réaménagement complet de ses 18 salles. Une fois réaménagé, il fournira 14 salles plus spacieuses, de 50 à 55 m2. Ces travaux complexes et d’envergure nécessitent la destruction et la délocalisation provisoire du bloc opératoire actuel (BOP), raison pour laquelle un bloc totalement équipé - un module préfabriqué – a été élevé sur l’un des toits bas du bâtiment hospitalier.

Conçu par les architectes Tekhne et Itten+Brechbühl SA à Lausanne, cet ensemble transitoire qui comprend 16 salles vient d’être inauguré. Il a été construit au-dessus du bâtiment des soins intensifs et des urgences. Pour Pierre-François Leyvraz, le directeur du CHUV, «il préfigure la qualité du futur bloc opératoire», prévu pour 2020.

La construction du bloc opératoire transitoire (BOPT) a été rendue nécessaire afin d’assurer la continuité de la mission des salles d’opération durant la durée de leur transformation complète qui devrait se terminer à l’horizon 2020. Le CHUV opère en moyenne une quarantaine de personnes par jour, des interventions souvent à risques et de plus en plus longues, explique François Marguet, directeur du bloc opératoire. L'ensemble fonctionne à haut régime. «Certains services ont un taux d'utilisation d'environ 80%, d'autres de 120%». Cette solution répond aux défis posés par l’environnement hospitalier particulièrement exigeant en termes de sécurité et de santé. En effet, tant les travaux qui viennent de s’achever que ceux de modernisation du bloc opératoire ont lieu dans une zone sensible: près des urgences et des soins aux grands brûlés. Cette situation implique une étanchéité parfaite des travaux, afin de préserver les lieux de la poussière. Un soin particulier est également apporté pour éviter toute vibration susceptible de perturber les actes médicaux dans le bâtiment. Sans compter qu’il faut à tout prix préserver des conditions d’hygiène rigoureuses (asepsie stricte).

 

Des interruptions pour permettre les opérations

Tout au long des travaux du BOPT, les vibrations et nuisances sonores ont été au centre des préoccupations. Un souci constant pour l’architecte Marc Sittig, le chef de projet à la Direction des constructions, ingénierie, technique et sécurité du CHUV: « Ce n’était pas la partie la plus facile à gérer, mais le dialogue entre tous les services était permanent et s’est passé à merveille. Nous avons suivi les consignes des responsables de service qui pouvaient nous demander à tout moment d’interrompre les travaux, lorsque cela s’avérait nécessaire, c’est-à-dire en cas d’intervention délicate.» De plus, des moyens techniques spécifiques ont été employés pour éviter de déranger l’activité. «Par exemple, nous avons appliqué la pose d’une étanchéité à froid plutôt qu’à chaud pour produire moins de vapeur.»

Concernant les contraintes, les travaux ont dû se faire alors que sur le toit du bâtiment adjacent de la policlinique médicale universitaire, soit l’édifice situé à l’ouest du BOPT, se trouvent deux héliports. «Effectivement, rien ne nous a été épargné, sourit le chef de projet. L’installation des grues a dû être spécifiquement étudiée, afin de ne pas créer de danger pour la circulation aérienne bien évidemment prioritaire. Et puis, du côté sud du chantier, il y a le chemin d’accès aux urgences des ambulances. Nous avons fait en sorte de bien laisser ce cheminement exempt d’obstacle. De surcroît, chaque jour, les flux étaient adaptés en fonction de la pose d’un échafaudage, en cas de débranchement d’une conduite d’eau ou la pose d’un tableau électrique.»

La nouvelle structure transitoire, appelée à devenir permanente, même après la réouverture des autres blocs opératoires rénovés, représente 4 100 m2 de plancher brut et offre 16 salles d’opération: 14 pour les interventions planifiées et 2 pour les activités d’urgence. Elle dispose de toutes les infrastructures nécessaires à son bon fonctionnement: salle de réveil, laboratoire, pharmacie, vestiaire et cafeteria. En détail, le niveau 07 contient huit salles d’opération, ainsi que la cafétéria du personnel aux couleurs vertes et à la luminosité importante en comparaison des salles d’opération, qui elles n’ont quasiment pas de fenêtres. A l’étage au-dessus se trouvent les huit autres salles d’opération, ainsi que la salle de réveil.

 

Des salles d’opération minutieusement aménagées

L’arrangement de ces salles d’opération a été tout particulièrement soigné et les dernières technologies y sont évidemment présentes. Pour des questions d’hygiène et d’efficience, tous les appareils sont encastrés, de l’ordinateur au clavier, en passant par les prises électriques jusqu’aux câbles d’alimentation. L’ergonomie est primordiale, car il peut y avoir jusqu’à dix personnes en même temps dans le bloc. «Nous avons même construit, à l’échelle 1 :1, un prototype de salle d’opération à l’hôpital de Cery, explique Marc Sittig. C’est là que nous avons collaboré avec les responsables des services afin de placer chaque appareil au bon endroit.»

Le traitement de la ventilation est important dans un environnement où la qualité d’air doit être parfaite. Une zone est définie au centre de la pièce où le patient doit toujours se trouver. Celle-ci est facilement repérable autant au sol qu’au plafond. Le flux d’air unidirectionnel y est continu et assure un environnement adapté pour les interventions.

 

Une façade à double utilisation

Pour évacuer tout cet air, il a fallu construire une façade en conséquence. L’enveloppe du bâtiment est l’œuvre de Meier + Associés architectes à Genève. «Cette façade intègre les prises d’air de la ventilation et ses superstructures. En effet, à y regarder de plus près, on devine que les sorties de ventilation sont cachées derrière les panneaux en aluminium», résume Marc Sittig. Le traitement des panneaux composites en aluminium, type «Alucobond», permet d’assurer la rigidité des pièces de grandes dimensions. Ce produit est léger, ce qui garantit le respect des contraintes liées aux surcharges admissibles. La taille des éléments de façades, 7,2 m, reprend la trame du bâtiment adjacent, ce qui permet une sous-construction verticale tous les 1,2 m.

Le concept d’architecture du BOPT s’inscrit en parfaite cohérence avec le bâtiment hospitalier principal en reprenant notamment la notion de stratification horizontale. Par contre, il se démarque de la Policlinique médicale universitaire adjacente, qui se détache sur le front sud avec une plus grande verticalité. Le bloc étant une structure, pour l’essentiel, exempte d’apport de lumière extérieure, il a été imaginé un maillage pour habiller et structurer la façade. Ce «bandage» offre une vibration qui permet d’intégrer harmonieusement les rares baies vitrées et fenêtres. Pour couronner l’édifice, un toit végétalisé sera créé courant 2017.

Les premières opérations du BOPT ne débuteront qu’en mars, mais l’édifice sera «opérationnel» dès le 22 décembre. «Cela nous permet d’accréditer les salles et de tester la ventilation pendant une quarantaine de jours», précise le responsable du projet pour le CHUV.

Dans deux ans, lorsque la rénovation des blocs opératoires sera achevée, l’édifice transitoire restera néanmoins en place. Il sera vraisemblablement affecté aux interventions du centre endoscopique. Budgété à plus de 100 millions de francs, la rénovation du bloc opératoire central, ainsi que la création du bloc transitoire au-dessus des services d’urgence, double une infrastructure devenue obsolète principalement en termes de techniques opératoires, mais qui aura été fiable pendant près de 35 ans.

 

BOPT en chiffre :

35 km de câble informatique

697 lignes informatiques (prises à usage utilisateurs 16 prises à usage utilisateurs + prises à usage MCR)

22 racks (16 vidéos + 2 monitorings + 4 réseaux)

26 tableaux électriques

120 km de câbles 2000 prises électriques

1 600 ampères d’alimentation électrique

8.5 de conduites de gaz médicaux

21 monoblocs de ventilation

77 portes automatiques

5 ascenseurs