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L’extraordinaire 3e correction du Rhône sous la loupe


26.06.2018

 

La 3e correction du Rhône constitue le plus grand projet de protection contre les crues de Suisse, sur 162 km. L’Office fédéral de l’environnement vient de faire réaliser une étude de plausibilité des coûts, estimés à 3,6 milliards de francs.

 

 

 

Mieux vaut prévenir que guérir, et l’histoire prouve que les crues provoquent de terribles dégâts, qui pourraient se chiffrer pour le Rhône à environ 10 milliards de francs en cas d’événement. En plus d’accroître la sécurité, la prochaine correction du Rhône a pour objectif de rendre au fleuve son cours naturel. Ce projet s’étendra sur une trentaine d’années et revêtira ainsi un caractère intergénérationnel. Eu égard à l’ampleur des travaux, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a demandé à ce que les coûts, estimés à 3,6 milliards de francs, fassent l’objet d’une étude de plausibilité.

Maîtres de l’ouvrage de cet imposant projet, les cantons de Vaud et du Valais en ont élaboré le plan d’aménagement, qui a été approuvé en 2016 par les deux gouvernements cantonaux. Ils établissent actuellement les différents projets de construction et les mettent à l’enquête publique. Les crédits doivent ensuite être approuvés par les gouvernements cantonaux qui sont responsables du respect des coûts, des délais et de la qualité.

 

La contribution financière de la Confédération

Les cantons peuvent demander des subventions à la Confédération. L’OFEV examine les projets qui lui sont soumis et octroie des contributions conformément à la loi fédérale sur l’aménagement des cours d’eau. Ces subventions sont financées à travers un crédit d’engagement, accordé tous les quatre ans par le Parlement. Compte tenu de l’ampleur extraordinaire du projet, il a été décidé de garantir le soutien financier de la Confédération à la 3e correction du Rhône au moyen d’un crédit d’engagement séparé, soumis lui aussi à l’approbation du Parlement. Lorsque le crédit d’engagement aura été approuvé, les cantons pourront demander des subventions pour des projets concrets. Si l’OFEV donne son feu vert à la contribution fédérale, cette dernière ne sera toutefois versée qu’une fois les travaux achevés, sur présentation des factures par le canton.

Les résultats de l’étude sur l’ensemble des coûts

Un organe indépendant a été chargé par l’OFEV d’examiner si les coûts budgétisés ont été correctement calculés, en comparaison avec d’autres projets d’aménagement de cours d’eau. Pour ce faire, le groupe d’experts a analysé les projections élaborées pour les frais engendrés par la construction de l’aménagement hydraulique, l’assainissement des sites contaminés, le déplacement d’infrastructures, l’adaptation de ponts, la planification, la communication et l’acquisition de terres. L’étude montre que les coûts totaux d’environ 3,6 milliards de francs, estimés avec une précision de +/- 20 % sur la base du plan d’aménagement de la 3e correction du Rhône sont conformes à l’envergure du projet. Le plus gros poste, soit l’aménagement hydraulique (2,1 milliards de francs), a notamment été jugé plausible.

Un grand projet, une longue histoire

Comme son nom l’indique, la 3e correction du Rhône ne constitue pas la première intervention de l’homme puisque des premiers travaux ont été entrepris au 19e s entre 1863 et 1884. À l’époque, le cours d’eau alpin débordait de manière récurrente et causait d’importants dégâts matériels et humains. En outre, les crues favorisaient l’apparition de maladies comme la malaria dans cette région marécageuse. Des digues de protection ont été construites et des terres ont pu être gagnées grâce à l’assèchement des marais. Dans le cadre de la 2e correction du Rhône, effectuée entre 1930 et 1960, la largeur du cours d’eau a encore été diminuée. Les dernières fortes crues de 1987, 1993 et 2000 et les millions de dégâts qu’elles ont causés ont démontré que ce système ne fonctionnait plus et qu’une nouvelle intervention était nécessaire, tant pour protéger la population que pour rendre le cours d’eau naturel.