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La future Maison de l’environnement en bois et terre crue


7.02.2018

 

La Direction générale de l’environnement (DGE) a choisi de regrouper ses différents sites à Vennes (VD) et l’Etat de Vaud a organisé pour cela un concours d’architecture et d’ingénierie. Le projet « Dikhotomia », qui présente des façades légères en bois fin et des murs en pisé, a convaincu le jury, à l’unanimité.

 

Imaginée par l’entreprise générale JPF SA, à Bulle, et Ferrari Architectes, à Lausanne, la Maison de l’environnement, devisée à 18,1 millions de francs regroupera les services de l’État actifs dans les domaines de l’environnement et de l’énergie, actuellement répartis sur six différents sites. Le projet qui a séduit le jury propose une construction durable qui utilisera des matériaux écologiques et qui sera exemplaire au niveau énergétique, avec un impact CO2 minimal, équivalent des standards Minergie P éco. L’ossature, les façades et les parois ainsi que les cages d’ascenseur seront en bois suisse issu des forêts cantonales. Les murs, quant à eux, seront en pisé, un système constructif en terre crue qui, en raison de ses qualités écologiques, trouve de plus en plus d’adeptes parmi les architectes, en Suisse et dans le monde.

Le pisé, un retour à la terre

Conférences, livres, et études scientifiques, notamment à l’EPFL, se multiplient ces dernières années au sujet de l’architecture en pisé et de la mise en œuvre moderne de cette technique pourtant ancestrale. La terre crue contribue à la régulation thermique, climatique et phonique des espaces. « On utilise des matériaux pour réguler les conditions de confort sans recourir à la technique. C’est ce qu’on appelle une maison passive », résume l’architecte Jean-Baptiste Ferrari, qui poursuit en expliquant que si le bois, utilisé en façade, est un matériau isolant et durable, sa faible densité ne permet aucun stockage de la chaleur. « La mise en œuvre du pisé vient compenser ce manque par sa forte inertie thermique. C’est la combinaison de ces deux notions antago­nistes, légèreté et masse, qui permet la construction d’une maison passive. » De plus, la terre crue sera recueillie dans les environs proches du chantier.

Le charme des patios végétalisés

A l’intérieur de la Maison de l’environnement, les espaces de travail s’organiseront autour d’un noyau composé de deux patios végétalisés, comme pour replacer la nature au cœur du projet. En plus d’apporter beaucoup de quiétude au lieu, chaque cour intérieure va permettre de réguler le climat intérieur. Par effet de cheminée, les deux atriums assurent la ventilation naturelle, alors que, sur quinze mètres de haut, leurs épais murs de terre crue contribuent au confort thermique et régulent le taux d’humidité. Outre son exemplarité énergétique, le projet sera une première dans le canton, insiste l’architecte cantonal Emmanuel Ventura dans le rapport d’évaluation du concours. La livraison est prévue pour décembre 2020.