Pour renoncer à l'énergie nucléaire, il ne suffit pas de multiplier les centrales électriques. Il faut aussi créer de nouvelles infrastructures pour le transport performant de l'électricité. De l’avis général, d'importants investissements seraient nécessaires dans les années à venir. Après la Journée Infra de Lucerne, les constructeurs d'infrastructures romands ont également abordé la question de la mutation de la politique énergétique.
Reconnaître les signes du temps
Blaise Clerc de la Fédération Infra a encouragé les participants à reconnaître les signes du temps et à se mettre en phase avec les changements à venir. «Nous sommes prêts à apporter notre contribution pour réussir la sortie du nucléaire» a déclaré Urs Hany, Président de la Fédération Infra. Les constructeurs d'infrastructures suisses approuvent dans son principe la décision du Conseil fédéral de sortir du nucléaire.
De grands défis à relever au plan économique
Le Professeur Hans B. Teddy Püttgen, directeur de la Chaire de Gestion des Systèmes Energétiques à l’EPFL de Lausanne, a dépeint la situation énergétique actuelle en Suisse et en Europe. Après la catastrophe de Fukushima, le Conseil fédéral a opéré, quasiment du jour au lendemain, un revirement de 180 degrés en matière de politique énergétique. Ce qui place en particulier l'économie de l'énergie devant des défis ambitieux. «Peut-être trop ambitieux» déclare Chantal Balet Emery de la Fédération romande pour l'énergie. Quoi qu'il en soit, il s'agit aujourd'hui d'aller de l'avant en transformant les infrastructures et en élaborant des solutions innovantes.
Les constructeurs d'infrastructures ont donc un rôle central à jouer dans le développement de notre futur approvisionnement énergétique. Un avis que partage également Roger Nordmann, Conseiller national et président de l'association Swisssolar. La mutation de la politique énergétique, de l'abandon de l'énergie nucléaire à la réduction des émissions de CO2, exige de nouvelles sources d'énergie et d'autres infrastructures.
L'énergie solaire pourrait couvrir jusqu'à 20% des besoins
Aujourd'hui, l'énergie solaire ne représente qu'une faible part de la production totale d'électricité et de chaleur. Comme l'a expliqué Bernard Thissen de Energie Solaire SA, elle recèle pourtant un potentiel considérable. On estime que d'ici à 2050 près de 20% des besoins actuels en électricité pourraient être couverts par le photovoltaïque. Bernard Thissen a également montré les possibilités techniques qu'offre d'ores et déjà l'énergie solaire et ce que nous pouvons encore en attendre.
Le réseau électrique de demain sera-t-il enterré?
Indépendamment de la sortie du nucléaire, le réseau électrique suisse présente un besoin impérieux de développement et de renouvellement. En effet, les deux tiers de ses installations ont plus de 40 ans. En Suisse, les lignes à haute tension sont exclusivement aériennes. Celles-ci disparaitront-elles bientôt de la surface de la terre pour préserver nos paysages des poteaux électriques et la population des éventuelles émissions? Le câblage souterrain répond toutefois à des exigences techniques très élevées – comme l'a souligné Frank Dupré de la Fédération centrale allemande de la construction. (ba/com)





