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Canton de Genève : Le concours des « pires projets »


6.11.2017
 

Peu de chances que les malheureux élus se réjouissent de leur prix, car les résultats s’avèrent cinglants et très critiques. En effet, le collectif d’associations d’habitants de quartiers de Genève, créé en 2012, a célébré vendredi 3 novembre la remise des prix des « pires projets immobiliers » du canton de Genève.

 

 

 

Vendredi, à l’esplanade des canons en Vieille-Ville de Genève, ont été révélés les résultats du vote des internautes pour « les pires projets immobiliers ». Sélectionnés parmi treize objets, les lauréats ont été primés selon leur catégorie, avec des reproches étayés de textes de lois et souvent appuyés par des élus politiques. Il s’agit pour le collectif d’associations d’habitants de freiner les dérives de la spéculation de certains maîtres d’ouvrage peu scrupuleux et de gérer une densification harmonieuse au niveau environnemental et, dans la mesure du possible, plus juste au niveau social.

Un message qui passe avec humour

«C’est l’équivalent du Prix Champignac, mais pour le logement», résume avec le sourire un membre de l’association des habitants du quartier des Pâquis. Brigitte Studer, conseillère municipale Ensemble à Gauche de la Ville de Genève, ouvre la cérémonie au nom du collectif: «Suspense: est-ce que les gagnants seront parmi nous? Si non, nous irons vers eux!» Pour la Pâquisarde: «L’humour est un moyen efficace pour faire passer notre message: le logement est un droit et ne doit pas être l’objet de spéculation.» 

Et justement, dans la catégorie «La spéculation la plus lucrative», c’est le 1, rue Gevray qui remporte le prix. L’immeuble logeait des étudiants de 2002 à 2004 puis a été vendu et transformé en 2010, en appartements de luxe. Selon le collectif, sur vingt-sept appartements, seuls dix-sept ont trouvé preneur, mais restent vides...

« Ébouriffants » ou « étouffants », les pires projets sont dénoncés

Le «pipeau d’or» est, lui, décerné au conseiller d’Etat Serge Dal Busco, dans la catégorie «Pas de quartier pour les alternatives». On lui reproche sa gestion du dossier de la maison de Malagnou occupée par le collectif Xénope. Selon ce dernier et le Collectif des associations, «l’Etat promet le renouvellement d’un bail associatif puis revient en arrière pour des raisons politiques!»

Le prix de la «surélévation la plus ébouriffante» revient au 3, rue Butini et ses deux étages supplémentaires, censés accueillir plusieurs logements mais qui seraient, en réalité, «occupés par une seule entité, qui profite d’une magnifique vue sur la rade».

Une boite de sardines dorée est offerte en guise de trophée au projet de logements à la caserne des Vernets, victorieux dans la catégorie «Densification la plus étouffante», pour 1500 logements répartis dans deux îlots et une tour de 86 mètres…



 
 
  
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