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Terre crue, bois, algues et cannabis : des matériaux d’avenir !


4.03.2018

 

Le béton et les isolants d’origine minérale, ainsi que le polystyrène, grands vainqueurs de l’urbanisation depuis un siècle, se trouvent aujourd’hui confrontés à des défis d’avenir, posés par les nouveaux enjeux environnementaux. Et si les matériaux naturels, recyclables, pour construire des bâtiments sains qui respirent, prenaient enfin la relève ?

 

 

Ne nous leurrons pas, il faudra quelques années avant que la terre crue ne remplace le béton dans les villes suisses, mais les nombreux exemples de matériaux organiques, sous les diverses latitudes du monde, donnent le ton et marquent un retour au naturel, mis en valeur grâce à de nouvelles technologies.

Au Danemark, les algues sont un isolant

Sur l’île danoise de Læsø en mer du Nord, l’utilisation de l’algue dans la construction est l’élément principal de l’habitat. Il s’agit d’une technique ancestrale maîtrisée depuis plusieurs siècles par les habitants de l’île, reposant sur l’abondance d’algues présentes sur les plages, qui venait palier la faible disponibilité de bois sur l’île.  Ses habitants, pour l’essentiel issus d’une communauté de pêcheurs, avaient déjà perçu le pouvoir isolant remarquable de l’algue, qui de ne pas s’altère pas avec l’humidité. Présentes par centaines sur Læsø jusqu’au 19ème siècle, ces maisons tout en algues ont vu leur nombre chuter à seulement 20, avant de bénéficier d’une mission de protection, et d’un renouveau dans la pratique de construction.

Au Maroc, le chanvre utilisé pour des « cannabriques »

Le projet de « Cannabric » a vu le jour grâce à l'architecte allemande Monika Brümmer, qui est aujourd'hui doctorante en Histoire et Arts à l'Université de Grenade (Espagne) et chercheuse dans les bétons et mortiers végétaux et naturels en chanvre. "Ma contribution à la construction en chanvre est son adaptation aux conditions climatiques du sud de l'Europe et de la Méditerranée, et l’utilisation de liants locaux pour remplacer les liants commerciaux. En même temps, je travaille au développement de systèmes indépendants d'une structure en bois, c'est-à-dire des systèmes adaptés aux projets humanitaires comme celui du Rif Central", explique au HuffPost Maroc Monika Brümmer. L'architecte construit depuis près de 20 ans des préfabriqués en chanvre grâce à Cannabric. "Depuis 1999, avec ma société espagnole, nous avons construit des centaines de maisons de 1 à 3 étages avec des murs porteurs de briques Cannabric et dans une grande variété de microclimats. Cette longue expérience me permet de m'adapter rapidement à de nouvelles matières premières et à de nouveaux environnements", souligne Monika Brümmer.

La terre crue qui respire

En Suisse comme dans le monde, les conférences se multiplient pour remettre au goût du jour le pisé, ce système constructif en terre crue. Car, contrairement aux bâtiments labellisés Minergie, dont la construction nécessite beaucoup d’énergie grise – béton et autres matériaux synthétiques – pour parvenir au summum de l’efficience énergétique, la terre crue répond sans aucun artifice à toutes les exigences du développement durable. C’est le credo de l’architecte zurichois Roger Boltshauser, l’un des précurseurs du renouveau du pisé: «Je suis un architecte, pas un pape de l’écologie, prévient-il. Mais comment ne pas s’intéresser à un matériau aussi prometteur et stimulant?» Depuis quinze ans, ce défricheur collabore régulièrement avec l’ingénieur autrichien Martin Rauch, dont il a d’ailleurs dessiné la maison familiale en terre crue dans le Vorarlberg en 2005, une demeure nommée «Haus Rauch», qui fait office de manifeste pour le pisé contemporain.

 1 m3 de bois de construction retire de l'atmosphère 0,9 tonne de CO2. 

Parce qu’il est facile de travailler avec le bois et que ce matériau est durable, sûr, agréable et beau, il a toujours été populaire en construction. En cette ère où l’on se préoccupe de plus en plus des changements climatiques, le bois représente un choix plus intéressant que jamais, parce qu’il s’agit d’une ressource renouvelable et que c’est un matériau qui absorbe le CO2. De plus, les nouvelles technologies ont accru l’efficience du bois. Plus solides et polyvalents, on les utilise pour des bâtiments commerciaux et publics de plus en plus hauts : 84 m pour la tour HoHo en Autriche, 80 m pour la tour Mjøstårnet 49 m en Norvège, 50 m pour la tour WoodUp, prévue à Paris pour 2021, et partout dans les villes du monde de Bordeaux en passant par le Canada et le Japon, les architectes rivalisent d’ingéniosité pour prouver les capacités constructives du bois. Et, cerise sur le gâteau,  la fabrication de bois d’ingénierie génère aujourd’hui de moins en moins de déchets à chaque étape de la production.

 



 
 
  
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