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Gigantesque, le troisième aéroport d’Istanbul ouvrira en octobre 2018


3.04.2018

 

Nouvelles autoroutes, tunnel Eurasia et troisième pont du Bosphore, la Turquie investit dans des infrastructures pharaoniques et construit depuis juin 2014 son troisième aéroport : Recep Tayyip Erdoğan. Il devrait devenir le plus important du monde par le nombre de voyageurs avec 150 millions de passagers par an. De gros travaux, réalisés avec de grands engins.

 

1 500 000 m2 de surfaces couvertes, 500 parkings-avions, 260 ponts pour avions, 160’000 personnes travaillant en permanence (contre 45’000 dans l’actuel aéroport Atatürk-Yeşilköy), le chantier est de taille pour une ouverture programmée le 29 octobre prochain, avec deux pistes dans un premier temps, puis trois d’ici 2019 et enfin six à terme, en 2028.

Pour sa construction, le consortium IGA (regroupant cinq entreprises exécutantes turques) a opté pour une flotte Wirtgen Group constituée de plus de cinquante machines et installations des marques Wirtgen, Vögele, Hamm et Benninghoven.

Les machines qui construisent les pistes

Pour les travaux de terrassement, trois stabilisateurs de sol Wirtgen (WR 240, WR 200 et WR 2500) et dix compacteurs monocylindres Hamm de type 3516 se sont chargés de créer une base portante sur les 9000 hectares de superficie.

Six centrales d’enrobage Benninghoven (une TBA 3000, une TBA 4000, deux Eco 3000 et deux Eco 4000), fournissant des rendements de 240 t/h et 320 t/h ont par ailleurs été utilisées pour produire les enrobés bitumineux destinés à la réalisation des pistes.

Un groupe de douze finisseurs (trois Super 2100-3, trois Super 2100-2 et six Super 1900-2) s’est ensuite attelé à poser l’enrobé sur les pistes ainsi que sur certaines voies de circulation. Les trois premières pistes (sur les six prévues) se composent d’une couche de base de 29 cm, d’une couche de liaison de 12 cm et d’une couche de roulement de 4 cm.
Le compactage des surfaces d’enrobé est assuré par environ 20 rouleaux tandem Hamm des séries HD+ et HD. L’effet de pétrissage et de foulage des compacteurs tout pneus de type GRW 280-10 et GRW 15 garantit une excellente imperméabilisation du sol.

Enfin, pour la pose des voies de circulation en béton, le consortium a opté pour des machines à coffrage glissant. Au début, deux SP 500 avec goujonneuse, une SP 25 et une machine de traitement de surface TCM 95 se sont chargées de la pose du béton, réalisant des voies de circulation de 40 cm de hauteur et d’une largeur de 2 à 6 m. Mais, satisfait par la performance des machines, le client a commandé auprès de l’usine de Windhagen (Allemagne) un autre ensemble constitué d’une SP500 et d’une TCM 95.

A la mesure de ses ambitions

Avec six pistes et trois terminaux, le nouvel aéroport en construction devrait désengorger les deux aéroports existants (Atatürk et Sabiha Gökçen), arrivés à saturation avec respectivement 60,2 millions et 29,5 millions de passagers en 2016. Pour comparaison, les deux aéroports de Paris totalisent 100 millions de passagers par an. Le nouvel aéroport devrait être relié à 350 destinations et la Compagnie Turkish Airline a signé un protocole d’accord avec Airbus pour acquérir jusqu’à 25 modèles de A350-900 au cours de ces prochaines années et avec Boeing pour 40 modèles de 787-9. Il reste à construire 143 passerelles d’embarquement, 468 comptoirs d’enregistrement répartis sur 13 îlots, 114 bornes d’enregistrement et 228 guichets de contrôle des passeports.

Ce nouvel aéroport se situe près de la mer Noire, au nord-ouest de la ville, sur l'un des derniers terrains d'importance encore inoccupés d'une agglomération stambouliote à la population estimée entre 15 et 18 millions d'habitants. Pour le Premier ministre cet aéroport s'inscrit dans un ensemble plus vaste de "projets fous" qui seront mis en oeuvre après l'aéroport. A proximité un large canal de 150 mètres de large et 25 mètres de profondeur sur 45 à 50 kilomètres de long sera creusé pour relier la mer Noire à la mer de Marmara afin de détourner le trafic maritime qui engorge le détroit du Bosphore, en plein cœur d'Istanbul. En outre, deux villes nouvelles d'un million d'habitants chacune, dont une près de ce canal seront construites.

Ces chiffres étourdissants ont mis en alerte écologistes et experts environnementaux qui ont averti des impacts irréversibles du chantier (700 000 arbres abattus) et du trafic aérien.