A la fin 2004, l’Etat de Vaud a acheté le bâtiment de l’ancienne usine Leu dans la perspective de répondre à cette demande de l’Université. Pour la première fois, il s’agissait de réhabiliter un bâtiment existant, dans une zone industrielle plutôt que de construire un édifice de toutes pièces au milieu de la verdure. Un nouveau quartier était à inventer. Les données de base étaient différentes et inédites, de quoi passionner les acteurs du projet.
Ouverture en 2012
Conçu par les architectes Robin Kirschke du bureau Itten + Brechbühl SA à Lausanne et Marc Werren de GWJ Architectes SA à Berne, avec l’entreprise totale Baumag Generalbau AG à Nyon, le projet Géopolis a été choisi. Le futur bâtiment, destiné aux Facultés des géosciences et de l’environnement (GSE) et des sciences sociales et politiques (SSP), devrait ouvrir ses portes à la rentrée universitaire 2012.
Donner une identité au nouveau quartier
Dans le contexte du campus universitaire de Lausanne, le nouveau quartier va héberger non seulement les complexes actuels des archives cantonales et de l'Institut de Hautes Etudes en Administration Publique, mais aussi la Faculté des sciences sociales et politiques SSP et la Faculté des géosciences et de l'environnement GSE.
Sur le plan urbanistique, l'emplacement exigeait de donner un visage spécifique au Quartier Mouline, puisque celui-ci est séparé du reste du campus au sud par une colline boisée et une rivière. En outre, il se trouve juste à côté de l'autoroute.
L'identité sera surtout créée dans cet emplacement central sur le plan de l'urbanisme par la grande place publique, qui reliera les complexes de bâtiments existants – y compris l'ancienne ferme également située dans le Quartier Mouline. Cette place sera aussi un lieu d'échange et de rencontre qui formera le centre de cette nouvelle petite ville universitaire.
Façades tout en verre
Les bâtiments existants constituent le cœur du nouveau complexe de facultés. Celui-ci sera développé à partir du bâtiment de l'ancienne usine Leu. Seuls seront démolis le bâtiment d'entrée et un étage; pour le reste, il s'agira de renforcer le noyau du bâtiment de manière à pouvoir supporter deux nouveaux étages supplémentaires. De même, l'éclairage par la lumière naturelle, qui se faisait dans l'usine par les toits à redents, constitue un motif important qui parcourt tout le projet.
A l'intérieur, la structure est marquée par quatre atriums, lieux d'échange et de communication. Tout autour se trouvent des salles d'enseignement et de réunion, des laboratoires, des bureaux, une bibliothèque et un restaurant. Globalement, l'ensemble du bâtiment se caractérise par une grande transparence, ne serait-ce que grâce à ses façades entièrement en verre.
«Emblématique», tel est le qualificatif donné à l'apparence du nouveau bâtiment par le jury du concours, qui met en exergue pour les façades le dialogue avec l'environnement et le langage original. Il ajoute aussi que le bâtiment se distingue ainsi très clairement des corps de bâtiments existants. De même, le rapport rend hommage au «respect parfait» et exemplaire des normes ECO Minergie qui font partie du Label Campus PLUS de l'Université de Lausanne. (Ba/com)
Architecte Itten+Brechbühl SA
Concours 1er rang 2008
Entreprise totale Baumag
Planification 1996–2002
Début des travaux 2009
Mise en service 2011
Surface 30 200 m2
Volume de construction 105 690 m3
Le projet Géopolis présenté par ses architectes
Le Quartier de Mouline, localisé au nord du campus universitaire, accueille actuellement les bâtiments des Archives Cantonales et la Ferme de la Mouline, ainsi que tout prochainement l’Institut des hautes études en administration publique.
Le site est aujourd’hui isolé du reste du campus principalement pour des raisons topographiques. En effet, une colline boisée se dresse entre le campus et le site de Mouline, créant ainsi une frontière naturelle entre la partie existante de l’UNIL, au sud, et celle où prenait place le concours, situé au Nord. Les aménagements extérieurs du projet (place, terrasses, passage sous-voie) permettent la réconciliation et l’unité de ces deux parties.
Nouveau point de repère du campus
Géopolis prend ses repères sur l’ancienne usine LEU adjacente à l’autoroute. Il devient à la foi le nouveau point de repère du campus, mais également un symbole remarquable de l’entrée Sud de la ville de Lausanne. Situé sur la route de la Sorge, il fait office de nouveau trait d’union entre le campus de l’EPFL et de l’UNIL. Deux milles personnes étudieront, travailleront, et cohabiteront dans ce nouvel espace dès 2012. Il était alors essentiel de le penser à l’échelle urbaine de ses ambitions. Géopolis, agora de l’UNIL, contient en lui-même les éléments programmatiques qui assureront son identité de cité.
Le projet, avait lors du concours, intégré l’ancienne fabrique de meuble dans son concept. Au fil du développement des études, il était devenu impossible, pour des raisons techniques, de réutiliser la structure existante de l’usine. Néanmoins, les qualités spatiales de la fabrique (volumétrie, apport de lumière naturelle en toiture,..) ainsi que son efficacité fonctionnelle ont été transcrites dans le nouveau projet.
Une «archi-écriture»
Plug-in d’une nouvelle fonction sur les traces d’une ancienne structure, le bâtiment Géopolis, pourrait être une archi–écriture, dont l’arkhé (ἀρχή), l’origine déconstruite, est transcendée dans ce nouveau bâtiment. Nouvelle manufacture du savoir, le bâtiment fonctionne comme une machine efficace dans laquelle viennent s’installer des paramètres d’ordre domestiques, (organisation spatiale, lumière, vues, aménagement, matériaux) propres à l’étude.
Volume simple et compact afin d’optimiser le rendement d’énergie, l’apport de lumière dans le bâtiment se fait grâce aux quatre atriums autour desquels sont regroupés les espaces de vie. Le fond de chacun des atriums, thématisé, sert d’accès aux salles de séminaires, d’espaces d’exposition, d’accueil, ou de salle de lecture.
Ecosystème du savoir
La flexibilité et les possibilités de métamorphoses font l’identité du projet; En effet, le bâtiment, dédié aujourd’hui à l’enseignement, pourra être au fur et à mesure de l’évolution des besoins du campus, affecté à d’autres types de programmes. Ses façades interagissent, elles aussi, avec l’environnement extérieur du bâtiment. Miroir à grande échelle des transformations climatiques, saisonnières, mais également urbaines de Dorigny, Géopolis pourrait simplement se résumer en un écosystème du savoir, dépendant de son biotope et de sa biocénose, tendant dynamiquement vers un climat momentané.
IttenBrechbühl







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