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Lourdes sauvée des eaux, après quatre ans de travaux


9.04.2018

 

La Grotte de Lourdes a fait peau neuve et a été inaugurée la semaine passée, après 4 années de travaux. L'auvent des piscines, le jardin des fontaines, le pont ainsi que les chapelles de lumière : tout a été rénové et protégé des crues du cours d'eau.

 

L’inauguration officielle du sanctuaire de Lourdes, rénové, a eu lieu la semaine passée. Pour préserver l’histoire et la symbolique du lieu, il a fallu créer un meilleur équilibre entre spiritualité et tourisme de masse. Ainsi, pour redonner sa valeur au site ceinturé par le gave de Pau et à la célèbre grotte de Massabielle, où la Vierge serait apparue à Bernadette Soubirous, l’association diocésaine de Tarbes et Lourdes, maître d’ouvrage, a choisi la simplicité. « Par exemple, sur la rive gauche, à proximité de la grotte, s'étaient accumulés mobilier urbain, kiosques et autres constructions qui participent à atténuer la sacralité du site. Il était nécessaire de le désencombrer », explique Sébastien Maysounave, responsable des services techniques à l’association diocésaine. Le parti pris des architectes (agence Inca) a consisté à épurer le site, à en réoganiser les cheminements et à tout protéger des crues.

 

Risques d’inondations 

Les fortes crues du gave en octobre 2012 et juin 2013 ont rappelé la fragilité du site classé en zone rouge dans le plan de prévention des risques d’inondations (PPRI). Ainsi, sur la rive gauche du cours d’eau, un mur de 3,95 m de haut, qui longe le bas de la colline abritant les bâtiments, assure l’étanchéité en cas de débordement.

Trois nouvelles passerelles ont été construites. L’une d’entre elles, mise en service dès le printemps dernier, est mobile. Réalisée en conception-construction du fait de sa technicité, par un groupement conduit par Eiffage, l’ouvrage en inox duplex se caractérise par sa grande portée (40 m de long) et sa finesse (40 cm d’épaisseur). Encadrée par des verrous actionnés par un système hydraulique, la passerelle peut se lever à la verticale en cas de crue. Elle relie les futurs jardins des Fontaines et des Lumières, et contribue à remettre la grotte au centre du parcours du pèlerin.

 

Un parcours réorganisé

Planifié en six grandes séquences paysagères, ce cheminement commence sur la rive gauche avec le jardin d’ombre, un espace planté d’arbres conçu comme le lieu d’approche de la grotte, et se termine par l’espace de silence, une alcôve offrant une vue directe sur la grotte depuis la rive droite. 

« Notre objectif était de redonner au sanctuaire un caractère plus sacré et de réaffirmer les messages spirituels qui lui sont propres. Remettre dans l’ordre le parcours liturgique permet, sans avoir recours à la signalétique, une meilleure gestion des flux sur un site qui attire chaque année plusieurs millions de visiteurs en provenance du monde entier », commente Gilles Marty, architecte et directeur d’Inca.

 

Harmonie et symboles

Le projet a été conçu en deux phases. La première consistait à aménager le jardin d’ombre et le parvis de la grotte, ainsi qu’à mettre en scène la source. La seconde a permis de réaliser l’aménagement du jardin des Fontaines, la réhabilitation d’une sacristie et la construction d’une autre, la construction d’un nouvel auvent en bois devant l’espace des piscines, le réaménagement complet de l’espace d’attente et, enfin, la création du jardin des Lumières.

Pour harmoniser l’ensemble, le sol, le mobilier, et la végétation sont communs aux deux rives. La maîtrise d’œuvre a choisi de travailler le bois, la roche, la lumière et l’eau pour leur symbolique universelle.