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Le ballet des pelles mécaniques


30.07.2014
Cet été le Gros de Vaud est le théâtre d’un magnifique spectacle : Chantier. 50 acteurs, danseurs et musiciens, 100 bénévoles. Des grues. Des pelles… Et surtout 20'000 spectateurs enthousiastes qui ont salué le travail de la Compagnie du talent. Ce show en plein air rend hommage avec humour au monde de la construction. Il a été rendu possible grâce à de nombreux sponsors, dont un acteur incontournable de la profession : Liebherr.


David contre Goliath. Astérix contre les Romains. La petite grand-mère contre le méchant promoteur. Justine contre Gérard Bicod. La trame du spectacle « Chantier » jouée cet été à Echallens est aussi simple qu’efficace.  L’action se déroule sur le chantier d’un futur quartier de villas individuelles comme il en existe tant. Comme de bien entendu, le promoteur immobilier Gérad Bicod est pressé de voir sa promotion achevée, les villas livrées, l’argent encaissé. Mais une vieille dame, Justine, résiste et refuse de lui céder sa parcelle et sa petite maison, même à prix d’or…
Les 20'000 spectateurs qui se sont pressés dans les Gros de Vaud pour découvrir le spectacle monté par Thierry Pahud et sa Compagnie du talent en ont eu, eux, pour leur argent. Devant leurs yeux, sur 1600 mô de terrain, la scène n’était qu’un vaste chantier : deux grues de 17 et 25 mètres, des pelles mécaniques, des godets, des bétonnières, une brouette à moteur, des tableaux électriques, des cabines pour ouvriers et contremaîtres, des briques et du ciment, de la poussière et du gravier et surtout… des ouvriers. Plus vrai que nature.

Tour de Babel aux accents d’ici et d’ailleurs
La cinquantaine d’acteurs qui ont donné vie à ce spectacle ont su trouvé le ton juste pour décrire avec humour et tendresse les aléas et les tracas d’un chantier. Il y a bien sûr la pression du patron pour tenir le budget et le planning, la SUVA et ses recommandations, le syndicat Gnia Gnia qui entend se faire respecter, la Welsh Energie et ses tableaux électriques qui explosent ou encore la cabine de toilettes soulevées par la grue qui s’envole dans les airs… Il y a surtout une représentation moderne et bon enfant de la Tour de Babel avec ses ouvriers d’origines diverses, ce cocktail d’accents et de langues multiples. On devine le Gros de Vaud et le Portugal, l’Italie et la Suisse alémanique. Un vrai Mundial de la construction.
Le scénario a bien sût fait la part belle aux situations cocasses et aux jeux de mots. Quand Justine la grand-mère place dans le tableau électrique ses limaces pour provoquer un court-circuit, les limaces finissent « électrocufiées » et heureusement que ce ne sont pas des escargots qui étaient à leur place, car on aurait pu croire que des ouvriers paresseux avaient saboté le tableau.

Trois pelles, danseuses étoiles
Mais le clou du spectacle a été sans conteste, l’irruption des 3 pelles mécaniques Liebherr. Tous feux allumés, elles arrivent en faisant parler leur puissance et se campent face au public. Les jeunes danseuses installées dans les godets sont à peine déposées au sol que débute alors un ballet aussi inattendu que magnifique. Entourées des artistes, les machines tournoient avec agilité sur elles-mêmes. Elles se dressent sur leur bras articulé et deviennent à leur tour danseuses sous les étoiles. Au rythme endiablé des percussionnistes qui frappent sur des bidons, les pelles virevoltent, leurs godets se heurtent en rythme. La foule des spectateurs frappe dans ses mains, les ovationne.
Frédéric Maillard de Bercher est le responsable des machinistes dresseurs de pelles. Avec deux autres experts, Johan Viret et Roland Mermillod, ils ont longuement entraîné leur chorégraphie dans les halles de Liebherr à Daillens. Mais à l’arrivée comme l’explique Roland Mermillod, tout jeune retraité: « C’est génial. On s’éclate. Nous faisons tout ce qui n’est pas permis sur un vrai chantier. Mais il ne faut surtout pas croire qu’on prend des risques. Tout est minutieusement préparé, calculé. Et durant le spectacle, nous sommes des pros concentrés à l’extrême. On compte les mouvements qu’on fait sur nous-mêmes. On se regarde pour être toujours ensemble. Le résultat est somptueux. »
Plus discret, mais tout aussi indispensable pour le bon déroulement du spectacle, Luigi Di Fede est le grutier sans qui aucun chorégraphie aérienne ne serait possible : « Je dirige les deux grues depuis le sol en essayant de me cacher de yeux du public. J’ai fait des repères et tout se passe à merveille. Les consignes de sécurité sont minutieusement respectées. La seule difficulté en ce qui me concerne, c’est de cumuler le travail la journée et de venir le soir au spectacle. Mais pour rien au monde, je ne voudrais rater cette expérience-là. »

 « Retour fantastique en termes d’image »
Acteurs, danseurs, musiciens, machinistes et bénévoles sont tous longuement applaudis à chaque représentation. Mais le spectacle n’aurait jamais pu voir le jour sans l’implication de nombreux partenaires et parmi eux le plus visible et important : Liebherr. Patrick Simon, son responsable romand à Daillens, revient sur cette aventure : « Il y a deux ans, Thierry Pahud, le concepteur et metteur en scène, m’a approché et présenté les maquettes de ce projet. C’était une démarche logique puisque nous sommes un des seuls acteurs de la profession à pouvoir mettre à disposition aussi bien des grues que des machines de terrassement. Nous avons vite été conquis par cette histoire qui présente le monde du chantier et qui est implantée dans notre région. Nous avons mis à disposition notre matériel, modifié pour répondre aux besoins du spectacle, nos infrastructures et tout notre savoir faire. Si on devait chiffrer notre investissement, il serait sans doute de l’ordre de 100'000 francs. Mais le retour lui est juste fantastique en termes d’image. Nous avons organisé plusieurs soirées VIP pour nos clients, mais aussi notre personnel. Et tout le monde a été heureux. Ce spectacle « Chantier » est une formidable reconnaissance de tous ceux qui oeuvrent dans ce monde un peu méconnu du grand public. Cela fait vraiment plaisir. »

 

Pour les retardataires, il est encore possible d’assister à une des trois dernières représentations :

Vendredi 1er août à 15h00

Samedi 2 et mercredi 6 août à 20h30

Toutes les infos sur www.chantierlespectacle.ch