Quatorze personnes ont trouvé la mort durant la tempête. Quinze autres personnes sont mortes pendant les opérations de déblaiement du bois durant l'année 2000. Les dégâts matériels ont été considérables également : les bâtiments ont subi pour 600 millions de francs de dommages, tandis que la forêt enregistrait des dommages directs et indirects pour 750 millions de francs. Dix millions d'arbres, soit environ 13 millions de mètres cubes de bois, ont été déracinés. La tempête a frappé les régions de façon variable : dans les cantons de Berne, Fribourg, Lucerne et Niedwald par exemple, Lothar a mis au sol en une seule fois une quantité d'arbres quatre à dix fois plus élevée qu'au cours d'une année normale, réduisant à néant un capital dont le développement avait pris des décennies.
Les grumes de sciage ont perdu un tiers de leur valeur
Les prix du bois ont chuté, car sous l'effet de la tempête, une grande quantité de bois s'est rapidement retrouvée sur le marché. En une nuit pour ainsi dire, les grumes de sciage ont perdu en moyenne un tiers de leur valeur. Certains propriétaires forestiers se sont même retrouvés en situation de faillite totale. La tempête a perturbé le marché du bois pour une longue période. Le coût indirect de la catastrophe a été considérable : les forêts protectrices ayant partiellement perdu leur fonction, il a fallu remplacer de nombreux boisements. Les routes forestières, fortement sollicitées pour le transport du bois, ont dû être réparées. En de nombreux endroits, les travaux de reforestation ne sont pas encore terminés, et il faut entretenir la jeune forêt plantée. La confédération, les cantons et les propriétaires forestiers ont investi beaucoup d'argent au cours des dix dernières années pour créer une forêt nouvelle, stable et proche de l'état naturel.
La situation économique réellement tendue a conduit plusieurs exploitants forestiers à se réunir en coopératives, et l'on a notamment constaté la création de structures logistiques communes à plusieurs exploitations. Ce processus de restructuration se poursuit d'ailleurs encore aujourd'hui. La confédération et les cantons ont accordé des aides limitées dans le temps.
Une plus grande diversité d'essences
En revanche, Lothar a eu des effets bénéfiques pour la nature: des études ont démontré qu'un plus grand nombre d'essences se développait sur les zones dévastées par la tempête. Cela s'explique principalement par la plus grande quantité de lumière qui parvient jusqu'au sol de la forêt. C'est sur les zones qui n'ont été que partiellement déblayées et replantées que s'est développée la plus grande diversité de biotopes, d'animaux et de végétaux.
Avec les grands changements climatiques actuels, il est probable que nous connaissions à nouveau des tempêtes de cette ampleur. Il est donc important d'adopter une stratégie à long terme, pour préserver la diversité, la vitalité et la stabilité de nos forêts. De manière générale, les forêts mixtes proches de l'état naturel résistent bien mieux aux tempêtes.
Grâce à l'expérience acquise avec Lothar mais également avec les inondations de 2005, l'OFEV (Office fédéral de l'environnement) et d'autres instances de la confédération et des cantons se sont réunis en sessions de préparation, pour mieux prévenir les catastrophes naturelles et tenter d'en limiter les dégâts. L'OFEV et l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage ont également lancé cette année un programme de recherche commun. Il s'agit d'étudier les effets du changement climatique sur la forêt, pour apporter un conseil spécifique aux exploitations forestières, en particulier en ce qui concerne le rajeunissement de la forêt et l'implantation d'arbres de différentes essences. (zvg/red)







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