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Les vêtements usagés deviennent matériau de construction


26.11.2018

 

Il existait déjà des isolants fabriqués à partir de vieux vêtements, mais des chercheurs australiens proposent maintenant de les recycler en panneaux pour cloisons murales ou de sol.

 

Présentée dans le Journal of Cleaner Production, une idée novatrice propose de transformer les énormes quantités de poubelles de la mode (10 millions de tonnes de vêtements jetés chaque année, rien qu’aux Etats-Unis), en matériaux de construction.

L’une des scientifiques à l’origine du projet, Veena Sahajwalla, de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie déplore "Non seulement le gaspillage de textile est mauvais pour l’environnement, mais il empêche de saisir l’opportunité de transformer de précieuses fibres en un nouveau produit".

 

Une expérience concluante

La chercheuse et son équipe ont donc entrepris de récupérer dans des bennes de tri une série de vêtements hétéroclites. Après les avoir débarrassés, à la main, de leurs accessoires - boutons, fermetures, et autres boucles de ceintures -, les scientifiques australiens ont finement broyé leur récolte de coton, de nylon et de polyester, grâce à une déchiqueteuse spécialement adaptée à ce type de matière.

Une fois cette matière première obtenue, les chercheurs y ont ajouté un liant, puis l’ont compressée et chauffée pendant trois quarts d’heure à près de 185°C, et ce afin de former des panneaux denses et résistants. Une gageure alors que la nature des textiles mélangés s’avère extrêmement variable. "Il est possible que l’on doive ajouter au mélange un peu plus de l’un des composants, afin d’ajuster les propriétés [du produit fini]", concède Veena Sahajwalla.

Toujours est-il que le résultat de l’expérimentation s’est révélé pour le moins concluant. Soumis à une série de tests de qualité, les panneaux produits ont démontré une résistance mécanique à l’eau et au feu absolument remarquables. De quoi en faire un matériau de construction idéal pour les sols, ou encore les murs des bâtiments.

Des matériaux qualitatifs à tous points de vue

Leur aspect, lui-aussi, s’avère particulièrement flatteur : ressemblant tantôt à du bois, tantôt à de la pierre, ou même à de la céramique, en fonction de la composition du mélange textile de départ. Si le procédé est pour l'instant, limité à une installation expérimentale établie dans les sous-sols de l’Université australienne, les chercheurs ne comptent pas en rester là.

Veena Sahajwalla et ses collègues travaillent d'ors et déjà à concevoir une petite usine afin de voir si leur invention peut être transposée à plus grande échelle. De quoi lancer prochainement sa commercialisation, comme ils l’espèrent. Une première dans le monde pour un matériau de construction solide.



 
 
  
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