Pour un bâtiment plus vert

L’énergie grise est mise au pilori pour un meilleur bilan carbone

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Teaserbild-Quelle: quelleenergie.fr

L’urgence climatique ne réduit pas forcément la longévité des immeubles. Pour le professeur Thomas Jusselme cependant, il faut que chaque architecte intègre mieux les données environnementales. En particulier en luttant contre le gaspillage d’énergie grise.

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Archives batimag

Les bâtiments bas carbone (comme ici à Hambourg) représentent une solution d'avenir pour que les architectes puissent faire face à l'urgence climatique.

Comment éviter de devoir détruire des bâtiments en fin de vie et qui présentent un très mauvais bilan carbone ? Les images de démolition à l’explosif de gros complexes d’immeubles ne sont plus inéluctables, malgré l’urgence climatique. Le professeur Thomas Jusselme, de la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture Fribourg, propose ainsi de mieux prendre en compte le bilan carbone dans la conception architecturale.

Climat imprévisible

Lors du dernier forum sur l’architecture modulaire à Neuchâtel, Thomas Jusselme a tiré la sonnette d’alarme. «Nous disposons de dix ans pour adapter nos méthodes et nos conceptions de l’architecture», a-t-il répété devant un parterre d’architectes et d’acteurs du bâtiment. La fin de vie des immeubles est prévisible dans le degré de dégradation de leur structure. Par contre, la constante évolution des normes environnementales complique cette appréciation. Pourtant, elle fait aussi partie des critères de performance de chaque bâtiment.

Question de budget

Savoir s’adapter est aussi une question financière. Les architectes sont invités à tout entreprendre pour limiter les coûts engendrés par l’urgence du changement climatique. Il faut en particulier limiter le gaspillage de l’énergie grise. Pour cela, le choix des matériaux de construction peut se révéler primordial. Savoir investir sans demander un retour à court terme peut se révéler payant. Pour cela, Thomas Jusselme recommande l’établissement d’un budget carbone pour chaque bâtiment, existant ou à l’état de projet. Justement pour éviter de devoir tout démolir pour reconstruire.

Fin des cages à lapins

L’architecture modulaire propose des pistes dans ce domaine, Même si elle peine à s’intégrer dans le processus de limitation des effets néfastes de l’évolution du climat. Pour cela, l’époque des immeubles «cages à lapins» semble révolue. A chacun de jouer la carte de l’environnement! Les pouvoirs politiques s’en préoccupent depuis longtemps et arrivent au même constat d’urgence. La France a lancé il y a quelques mois un label bas carbone. La Ville de Lausanne vient d’adopter un plan climat qui prévoit d’investir 300 millions d’ici 2030 pour viser la neutralité carbone dans ses bâtiments scolaires. L’énergie, la mobilité et la construction sont incluses dans ce vaste programme.