Un livre pour une maison de bois

La maison en bois de l’EPFL remplacée par un livre objet

Gefäss: 
Teaserbild-Quelle: © ALICE , EPFL

Les étudiants en architecture de première année publient un livre qui réunit différents aménagements des rives du Rhône et de l’Arve, dans le Canton de Genève. Une initiative originale qui remplace la construction de projets à taille réelle.

Source: 
EPFL

Un aperçu du travail des étudiants de cette année.

Crise sanitaire oblige, les étudiants en architecture de l’EPFL        sont restés dans la modélisation numérique pour réaliser la construction d’une maison en bois. Leurs projets pour deux quartiers de Genève ont cependant trouvé un débouché sous la forme d’un livre. Les circonstances de ce printemps leur ont cependant permis de faire un  exercice d’adaptations à toutes les situations.

Sans maquette ni structure

En temps normal, l’exercice consiste à suivre tout le processus de construction, de la conceptualisation jusqu’à la réalisation. Les étudiants peuvent ainsi construire une maison en bois de leurs propres mains. Cette année cependant, pas de maquette ni de structure de taille réelle.

 Un objet de 900 pages

Que cela ne tienne, l’équipe d’enseignantes et enseignants issue de l’Atelier de la conception de l’espace (ALICE) a toutefois eu l’idée de réunir ses créations dans un livre-objet de près de 900 pages, The Real Book, à paraître cet automne. «Il nous a paru intéressant de concrétiser tout ce travail numérique avec un objet physique», explique Daniel Zamarbide, co-directeur du laboratoire ALICE. «Et cette année, avec tous ses imprévus et ses contraintes, nous a semblé très réelle, d’où le titre du livre, qui est aussi un jeu de mots avec Year Book.» 

La Jonction pour labo

Les deux projets retenus avant la crise auraient dû aménager deux endroits du quartier de la Jonction à Genève: l’un situé au bord du Rhône, baptisé par les enseignants «La Mangrove», l’autre, au bord de l’Arve, «Le Galpon», en référence au théâtre situé non loin de là. Les Services industriels genevois et l’Etat de Genève restent partenaires du projet. L’intervention des étudiants visait à aider les responsables de la transformation du quartier à réfléchir au potentiel des lieux.

Réalité tangible

Du côté des étudiants, la production du livre a permis de compenser l’absence de réalisation à taille réelle: «En plus de la création de plans communs, je me suis occupée de rédiger un texte narratif qui décrivait quelles sensations faisaient naître en moi l’espace que notre groupe avait créé», explique Anna Hausel, étudiante. «Le livre m’a permis de rendre tangible toute la partie virtuelle du projet. Pouvoir partager ma sensibilité et mon imaginaire m’a beaucoup touchée.» Son studio, baptisé Niederlani et regroupant 31 étudiants, a imaginé une structure composée d’un ensemble de passerelles et de clôtures modulaires. L’aménagement fonctionne comme lien entre la ville de Genève et les autres projets proches du Rhône. Il possède en son centre une pièce protégée en décalage avec le cadre environnant. «Le confinement a inconsciemment influencé notre projet, qui imagine un espace qui invite à se déplacer, tout en ayant un noyau sécurisé», commente l’étudiante.