La mémoire signée Botta

Le Land’art va réhabiliter l’ancienne décharge de Bonfol

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Teaserbild-Quelle: Fondation mémoire, art et forêt Bonfol
Ancienne décharge mise au vert

Le Land’art préside à la réhabilitation du site de l’ancienne décharge de Bonfol (JU) en attraction écotouristique. Une tour et un rempart conservé des anciennes installations de la chimie bâloise dialogueront avec des éléments naturels architecturés.  Les responsables du projet s’attellent maintenant à récolter les fonds nécessaires.

Quand l’architecture rejoint les préoccupations environnementales, cela donne un espace de création. La Fondation Mémoire, art et forêt Bonfol va donc pouvoir réaliser son projet écotouristique sur le site de l’ancienne décharge de la chimie bâloise. Tout en gardant des traces de ce passé douloureux et en jouant sur les symboles.

La patte de Mario Botta

Pour réussir ce tour de force, il faut un maître. Les réalisations de Mario Botta intègrent depuis très longtemps les composants du Land’art. A Bonfol, le célèbre architecte tessinois et le bureau Biotec Biologie Appliquée SA s’associent aux responsables du projet depuis 2014, dans un devoir de mémoire de ce site. Les éléments de construction vont glorifier la Nature environnante, sans pour autant gommer le passé.

D’un mur à un pont

Mario Botta a voulu conserver le mur de soutènement à l’ouest de l’ancienne décharge pour y créer un cheminement à son sommet. Ce mur, de 11m de hauteur, deviendra une ligne droite au beau milieu de la Nature. Des fentes verticales permettront le passage des piétons d’est en ouest.  Au sud de ce rempart, une rampe piétonne sera construite. «Nous étions quelque peu sceptiques à l’idée de conserver ce témoin de la décharge, explique Yannis Cuenot, coprésident de la Fondation Mémoire, art et forêt Bonfol. Mais Mario Botta a su nous convaincre dès sa première visite des lieux. Ce rempart est une frontière entre un passé industriel peu glorieux et la richesse d’une Nature architecturée, De plus, il se situe sur la ligne de partage des eaux entre le Rhin et le Rhône. Nous y voyons un pont jeté entre deux univers différents».

Tour et bibliothèque verte

A l’extrémité nord du site, une tour de 40m de hauteur permettra à chaque futur visiteur de profiter d’une vue à 360 degrés sur les environs. Là où se trouvaient les anciens bureaux de la décharge, une série de plantations créeront des îlots verts, sous la forme d’un arboretum également souhaité par l’architecte. Ce dernier, formé de différentes espèces indigènes, formera une sorte de «bibliothèque» de l’environnement.

Deux cercles d’arbres

Les accords établis dans le cadre de l’assainissement prévoyaient de totalement reboiser la parcelle, mais les architectes n’ont pas voulu s’y cantonner. Ils ont donc imaginé deux cercles tangents, d’une circonférence de 400m et délimités par une plantation d’arbres. La géométrie de cet espace va ainsi se confronter à une Nature où la liberté s’exprime par les odeurs, les couleurs, le bruit et les saisons. La dimension de la circonférence n’est pas innocente. Puisque l’homme mesure ainsi ses propres performances dans un stade d’athlétisme.

Projet redimensionné

Un premier projet présenté en 2015 par Mario Botta n’avait pas reçu l’approbation des Offices cantonaux et fédéraux de l’environnement et de l’aménagement du territoire. L’architecte l’a redimensionné en conséquence, notamment pour remettre le site de l’ancienne décharge de la chimie bâloise en zone forestière. Pour la petite histoire, il s’agit de la cinquième mouture.  «La chimie bâloise nous a donné jusqu’en octobre 2021 pour récolter les deux millions nécessaires à l’aménagement de la première phase de notre projet, précise encore Yannis Cuenot. Il s’agit d’une date butoir pour valoriser le site».