Il faut réinventer les villes contre les îlots de chaleur

Agir pour s’adapter aux changements climatiques

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Teaserbild-Quelle: © Flurin Bertschinger
Lutter contre les îlots de chaleur

La canicule devient chaque année un peu moins exceptionnelle. Ce sont les citadins qui en payent le prix le plus fort, les îlots de chaleur se concentrant là où le bâti est le plus dense et où la végétation n’est pas suffisante pour rafraîchir l’air. Des guides existent pour y parer.

2015, 2018, 2019, les canicules se sont suivies ces dernières années, à un rythme jusque-là inconnu. Des phénomènes météorologiques qui étaient l’exception semblent en passe de devenir la norme, sous l’effet d’un réchauffement climatique qui est passé du stade de menace à celui de réalité. Les villes sont particulièrement touchées par ce phénomène, et les températures peuvent y prendre l’ascenseur sous l’effet du manque de végétation, de l’omniprésence des surfaces imperméabilisée et des formes urbanistiques et architecturales inappropriées pour faire face à ce phénomène.

Faire face aux événements violents

Qu’on le veuille ou non, et même avec des efforts conséquents pour réduire les émissions de CO2, nous allons devoir vivre avec des canicules toujours plus fréquentes et violentes. Il est donc essentiel que des politiques publiques soient mises en place rapidement afin d’en limiter les effets, et garantir une qualité de vie acceptable aux citadins y compris au cœur de l’été. Les populations vulnérables dans leur santé, en particulier les personnes âgées, sont les plus menacées par cette augmentation annoncée des températures. Les communes doivent également se préparer à faire face à des événements météorologiques extrêmes, comme les orages violents, afin de limiter les dégâts humains et aux infrastructures.

La végétation en ville: bien plus qu’un enjoliveur

Le parti des Vert·e·s vaudois a rédigé un guide à l’usage des collectivités publiques, réunissant les principales actions pouvant être mises en place afin de réduire les impacts de la canicule et réguler autant que faire se peut les températures en milieu bâti. La société entière, mais également la biodiversité profitera largement de cette nouvelle manière de penser l’espace public de nos communes. En première place des mesures figurent l’arborisation des espaces publics ainsi que la réduction des espaces goudronnés. A titre d’exemple, un arbre fournit la même fraîcheur que cinq climatiseurs. Pendant une journée ensoleillée, un toit foncé atteint 80 degrés contre 29 degrés sur une toiture végétalisée.

Ce guide va être envoyé à l’ensemble des communes vaudoises, afin qu’elles puissent s’en inspirer et mener les politiques publiques qui s’imposent pour répondre à ce pan de l’urgence climatique.

Sion précurseur

Une démarche similaire a déjà été menée à Sion. Depuis mars 2018, à chaque demande de permis de construire le bureau des enquêtes distribue un guide pratique de recommandations pour l’adaptation des privés au changement climatique. Ce document a été réalisé en collaboration avec l’Hepia (Haute école

du paysage, d’ingénierie et d’architecture). Ces brochures très instructives et pédagogiques dispensent des conseils pour, par exemple, donner la préférence à des haies champêtres plutôt qu’à des haies de thuyas, aux revêtements perméables et aux toitures végétalisées qui absorbent les pluies pour éviter les inondations.