16:03 DIVERS

Les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger les zadistes du Mormont

La police est venue en nombre pour déloger les occupants illégaux de la colline du Mormont, près d’Eclépens (VD). La situation est restée tendue entre des forces de l’ordre lourdement équipées et des zadistes qui ont résisté passivement et avec beaucoup d'originalité à leur évacuation.

Cette fois, ça y est. La police a encerclé au petit matin la colline du Mormont, près d’Eclépens, pour procéder à l’évacuation du collectif écologiste qui occupe les lieux depuis cinq mois. Alertés depuis quelques jours, les zadistes ont immédiatement mis en place un dispositif de résistance à l’intervention des forces de l’ordre. Ils ont été rejoints par des militants d’Extension Rébellion pour protester contre cette mesure d’évacuation, décidée par la justice vaudoise.

Le fil twitter des zadistes a permis de suivre l’opération. Les occupants du site ont battu le rappel de leurs sympathisants ce dernier week-end. Une manifestation en leur faveur a également été organisée à Lausanne il y a quelques jours. Plus de 120 députés au Grand Conseil vaudois ont demandé au Conseil d’Etat de ne pas procéder à l’évacuation du site, et les Verts ont déposé la semaine dernière une motion pour protéger ce site naturel des appétits de développement du cimentier Holcim, qui exploite une carrière située en contrebas.

Violence redoutée
Le combat pour la préservation du Mormont ne date pas de l’occupation illégale de la colline, en octobre 2020. Une association s’oppose toujours à son exploitation cimentière. Cependant, celle-ci a toujours indiqué vouloir se désolidariser du combat mené par les zadistes si ceux-ci recouraient à la violence. Sur place, les occupants ont eu dans l'ensemble recours à des moyens pacifiques, voire originaux pour résister. A témoin ces petites figurines déposées sur la route d’accès à leur campemen,. vite écrabouillées par un tracteur de la police. Ou un clown qui tentait de distraire les policiers anti-émeute. Plus loin, un sosie de Charlie Chaplin a déclamé aux policiers le discours final du film "Le Dictateur". Tout au plus les policiers ont dû répondre brièvement à des jets de pierre par des gaz lacrymogènes.

Peine perdue. Malgré le barrage humain formé pour l’occasion et les barricades, les policiers sont intervenus par deux chemins différents. Ils ont donné 30 mn aux zadistes pour évacuer les lieux. Au fur et à mesure que les forces antiémeutes se rapprochaient du village du collectif, la résistance s'est faite plus dure, quoique passive. Certains zadistes se sont enchaînés, et d'autres se sont réfugiés dans des arbres ou sommet de tripodes géants construits pour l'occasion,  pour compliquer leur évacuation. Il a même fallu une grue pour les déloger. Après que la police eut pénétré dans le village de fortune, plusieurs de ses occupants se sont éparpillés dans la colline. Les plus ardents se sont régugiés sur le toit de la maison insalubre qu'ils occupaient.  Une trentaine de personnes sur les quelque 150 présentes ont été interpellées et, pour la plupart, reconduites vers la gare la plus proche.

Pour sa part, la conseillère d’Etat Béatrice Métraux a déclaré toujours espérer un abandon sans violence des lieux. Elle s'est entretenue avec le directeur d'Holcim, également présent sur place. Pour mémoire, le cimentier veut étendre l’exploitation de sa carrière sur cette colline dès 2022. Il se heurte à une forte opposition, composée d’une association soutenue par diverses personnalités, dont le prix Nobel Jacques Dubochet. Ce dernier s'est d'ailleurs rendu sur le site pour appeler à la non violence et rencontrer également la direction. Il est ensuite retourné dans le village pour soutenir les militants d'Extension Rébellion encore présents et souligner la valeur de leur combat pour le climat. Les zadistes ont reproduit  à Eclépens le système d’opposition utilisé contre le projet d’aéroport à Nantes, en France.


Annonces

Dossiers

Coronavirus
© Suva

Coronavirus

Entreprises et chantiers s’accrochent aux mesures sanitaires

S'abonner à la newsletter.

Avec la Newsletter-Batimag, vous recevez régulièrement des nouvelles pertinentes et indépendantes sur l'actualité de la construction en Suisse et dans le monde.