Les chantiers, vaille que vaille

Genève et Vaud restent seuls à limiter, voire fermer les chantiers

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Les cantons agissent encore en ordre dispersé pour ce qui est de la fermeture des chantiers. Malgré les objurgations des syndicats et parfois du patronat, la Confédération ne veut pas décréter de «shut down» pour le secteur de la construction. La Ville et le canton de Genève ont interdit, Vaud a sévèrement limité.

Si le canton de Genève a franchi le pas de l’interdiction, la Confédération n’a pas encore tiré la prise des chantiers de constructions en Suisse. Cela en dépit des innombrables témoignages de travailleurs confrontés à une promiscuité dangereuse. Hormis à Genève, les chantiers peuvent se poursuivre vaille que vaille, pour autant qu’ils disposent d’assez de main d’œuvre et que les mesures de l’Office fédéral de la santé publique soit scrupuleusement respectées.

Balle renvoyée à Fribourg

La Société suisse des entrepreneurs s’en tient à sa ligne d’informer ses membres sur la nature des mesures à entreprendre si un chantier devait s’arrêter. Unia suisse a rappelé haut et fort les précautions sanitaires à adopter, mais sans faire bouger les fronts fédéraux pour le moment. Le canton de Fribourg ne veut pas intervenir directement. Il renvoie les employeurs aux prescriptions fédérales en matière de chômage technique.

Politique de l’autruche dénoncée

Il n’a pas encore été établi qu’une contamination au virus Covid-19 ait été contractée sur un chantier. Unia dénonce cependant une «politique de l’autruche» des employeurs du secteur de la construction. Seuls les pouvoirs publics possèdent la prérogative de faire fermer un chantier. C’est ce que le Conseil d’Etat genevois vient de décider pour l’ensemble du territoire cantonal. La Ville de Genève a confirmé cette ordonnance pour son propre territoire. La France a déjà, via ses préfectures, prié le secteur de la construction d’interrompre les travaux en cours. Comme, par exemple, le chantier de restauration de Notre-Dame de Paris.

Contrôles promis à Genève

Unia s’est engagé à faire des contrôles de sécurité sur les chantiers encore ouverts et d’intervenir si les mesures de sécurité sanitaire n’y sont pas complètement prises. Fermer un chantier n’est pas si simple pour un employeur non plus. Les opérations de repli peuvent durer plusieurs jours. Mais à Genève, la fermeture généralisée a été favorablement accueillie des milieux patronaux. Les syndicats s’étaient particulièrement inquiétés des conditions de travail régnant sur les grands travaux en cours dans le canton. Et plus particulièrement, sur le site du quartier de l’Etang, qui mobilise sur son chantier 300 personnes.

La colère grandit chez les ouvriers

Les centrales syndicales souhaitent que le Conseil fédéral aille encore plus loin en décrétant un «shut down» généralisé de l’économie. Beaucoup de responsables de projet et maîtres d’ouvrage ont arrêté leurs chantiers de leur propre chef, pour protéger la santé de leurs employés. D’autres, comme dans le canton de Vaud, les maintiennent, suscitant la colère grandissante des ouvriers. L’Office fédéral de la santé publique a répété hier privilégier la responsabilité individuelle de chaque employeur.