Les chantiers interdits à Genève

La crise sanitaire incite les politiques à freiner la construction

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Teaserbild-Quelle: Philippe Chopard

De plus en plus de voix, en direct ou sur les réseaux sociaux, réclamaient l’interruption des chantiers, en Suisse romande en particulier, au nom de la sécurité sanitaire des travailleurs. Le syndicat Unia est au front, notamment dans les cantons de Vaud et de Genève. Et les politiques ont accédé à leur demande, à Genève en particulier. Le canton de Vaud se montre très limitatif.

A moins d'une suspension ordonnée par tous les cantons ou par la Confédération, les chantiers se poursuivront en Suisse romande, en tournant souvent au ralenti par la faute de la pandémie. Bien que le Conseil fédéral ait en effet privilégié pour l’instant l’analyse au cas par cas, pour préserver l’économie, le canton de Genève vient de suspendre les travaux engagés sur son territoire. Vaud les a limités et les autres cantons y réfléchissent encore.

Baraques en cause

En cause, les conditions de sécurité que le syndicat Unia estime ne plus être complètement observées, même quand il s’agit de travailler en plein air. Les baraques de chantier continuent en particulier d’être bien remplies lors des pauses. Ce qui contrevient aux prescriptions de distance spatiale soutenues par les autorités fédérales. Les secrétaires syndicaux d’Unia déplorent aussi un déficit chronique d’information des travailleurs de la branche de la construction.

Mesures internes

Toutefois, certaines entreprises se protègent pour ne pas avoir à fermer. Notamment en mettant à disposition des masques de protection supplémentaires, pour autant qu’elles en disposent encore. Les travailleurs des chantiers sont aussi invités à ne pas fréquenter les bureaux ou les ateliers quand cela est possible.

Interruption demandée

Les  sections vaudoise et genevoise d’Unia ont demandé l’interruption des nombreux chantiers en cours dans leurs cantons respectifs. Elles exigent que des mesures d’accompagnement des salariés et des sous-traitants soient prises simultanément les cas échéants. Leur appréciation repose sur de nombreux témoignages indiquant que la protection et la sécurité des ouvriers ne sont pas toujours optimales, notamment sur la question des repas de midi pris en commun et des vestiaires. Elles ont été finalement entendues dans la cité de Calvin. Les autorités vaudoises n'ont pas totalement accédé à la demande des syndicats.

Les entrepreneurs vaudois avec Unia

La Société suisse des entrepreneurs s’est bornée à rappeler à ses membres les conditions qui régissent habituellement les fermetures des chantiers, estimant que les interdictions ne vont arranger personne. Elle publie différents documents sur son site Internet et assure suivre la situation de très près. Toutefois, les entrepreneurs vaudois appuient les revendications syndicales. Et le patronat les a suivis également au nom de la sécurité sanitaire des travailleurs.