Un vrai dialogue de sourds

Le dialogue de sourds persiste dans la construction à Genève

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Les partenaires sociaux de la construction sont toujours à couteaux tirés à Genève. Unia dénonce des consignes sanitaires impossibles à appliquer. Le patronat lui renvoie la balle. La reprise des chantiers attise les tensions.

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Le chantier du projet Quartet, à Genève, a été le théâtre d'une action symbolique d'Unia à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail.

A l’heure où les chantiers reprennent petit à petit leur activité en Suisse romande, les divergences entre patronat et syndicats subsistent. Elles débouchent même sur de nouvelles polémiques. Les consignes sanitaires du Seco, si strictes et précises soient-elles, font toujours l’objet d’un dialogue de sourdes entre partenaires sociaux.

Inspections régulières

Tout le monde s’accorde cependant à dire que l’activité du secteur de la construction doit se poursuivre. Les grandes entreprises, qui mobilisent souvent de très nombreux ouvriers et sous-traitants sur leurs chantiers d’envergure, assurent respecter en tous points les consignes de sécurité et d’hygiène. Les inspecteurs de la Suva et des cantons passent régulièrement, et, jusqu’à présent, bien peu de chantiers ont été interrompus par les pouvoirs publics pour des problèmes de conformité à ces prescriptions.

Action symbolique

Ainsi, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et du travail, Unia est intervenu sur le chantier du projet Quartet à Genève. Une action symbolique visant à dénoncer le refus prétendu du constructeur de laisser les travailleurs syndicaux accéder directement aux ouvriers et d’entrer dans les baraques de chantier. HRS, visé par le syndicat, a répliqué que l’action ne respectait pas non plus les consignes d’hygiène.

«Maintenir les distances est impossible»

Au-delà de son propos véhément, Unia Genève persiste dans sa demande de mettre en place un «vrai» dispositif de contrôle de chantiers. Tout en admettant que les infrastructures sanitaires mises en place sur le chantier Quartet, comme ailleurs, répondent aux consignes. «Le maintien continu des distances entre ouvriers est impossible», dénonce par ailleurs le syndicat. Le Seco a pourtant admis des dérogations dans ce cas, en indiquant notamment que le contact rapproché entre travailleurs devait être «le plus court possible».

Reprise cadrée

La situation entre partenaires sociaux reste donc conflictuelle à Genève. Le canton de Vaud a durci les mesures de contrôles en donnant deux heures aux contrevenants pour corriger les défauts constatés lors d’inspections à l’improviste. Fribourg redémarre les chantiers interrompus par la crise. Le canton de Neuchâtel a mis en place une structure de concertation entre partenaires sociaux qui a permis d’éviter des conflits.