Orbe sud construit avec la certification du WWF

Le quartier Gruvatiez selon One Planet Living©

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Teaserbild-Quelle: © Orllati / Fehlmann Architectes
Le label le plus exigeant du marché : One Planet Living©

Efficacité énergétique, matériaux écologiques locaux, gestion de l’eau et biodiversité font partie des critères qui vont permettre au quartier Gruvatiez, à Orbe, d’obtenir la certification du WWF

Suite au constat d’épuisement des ressources, le WWF a mis en place, depuis 2004, dix grands principes touchant tous les domaines de notre quotidien, du vêtement à l’alimentation en passant par le bâti : One Planet Living© (OPL). L’efficacité énergétique, l’utilisation de matériaux écologiques locaux, la gestion de l’eau ou encore l’enrichissement de la biodiversité environnante font partie des critères qui vont permettre au quartier Gruvatiez, à Orbe, d’obtenir la certification du WWF. Le label vise à réduire l’impact environnemental des activités humaines dans les villes.

 

Très exigeant, le label OPL© a nécessité de la part du maître d’ouvrage Orllati, en collaboration avec la commune d’Orbe et le WWF, un travail préparatoire de deux ans, uniquement pour régler la Convention d’implémentation de la méthode OPL© qui fait partie intégrante du permis de construire mis à l’enquête publique. Le label étant renouvelable tous les cinq ans, il ne suffit pas de construire selon les impératifs OPL. Outre le fait de répondre aux exigences écologiques du programme au niveau de la construction, qui doit atteindre des objectifs chiffrés, le quartier doit également dans sa phase d’exploitation, c’est-à-dire de son utilisation par les habitants, respecter un plan d’action qui lui permet d’entrer dans le sacro-saint cercle des projets OPL© certifiés. Mais les 10 objectifs inscrits dans le « Plan d’actions de durabilité » sont particulièrement strictes : zéro carbone, zéro déchet, des transports publics, de la mobilité douce, des matériaux locaux et durables, la gestion durable de l’eau, des habitats qui engendrent de la biodiversité, et tout cela doit se faire avec équité et partenariats locaux, dans la bonne humeur puisque le haut niveau de qualité de vie et le bien-être des habitants restent les paramètres primordiaux. Pour garantir l’impartialité des certifications, c’est un organisme indépendant qui effectue le contrôle des performances et des objectifs chiffrés.

 

Un programme intégré sous conditions

Durant la première phase de construction actuellement en cours, le quartier Gruvatiez s’enrichira de 226 logements mais aussi de commerces de proximité, restaurants, pharmacie, etc. Les deux-tiers des logements seront mis en location, le tiers restant sera à vendre, le tout à des loyers et prix abordables pour la classe moyenne. Un espace polyvalent de 75 m2 sera à la disposition des habitants chargée d’organiser et d’animer la vie du quartier. Tous les logements sont facilement adaptables aux habitants à mobilité réduite. L’auteur du projet est le bureau Fehlmann Architectes. Il propose des bâtiments composés de quatre à cinq étages, pour éviter l’effet de masse et préserver les points de vue sur Les places de parking restent en sous-sol.

Mais avant d’en arriver à ce stade, le WWF commence par vérifier l’éligibilité d’un projet en fonction de ses accès aux transports publics présents sur la commune, de la mixité de son programme, et de la compatibilité du lieu avec les exigences d’aménagement du territoire. A Orbe, les infrastructures et la qualité des transports se sont avérées convaincantes. D’autant que la prochaine mise en service du RER (réseau express régional) permettra des mises en liaison directes vers Lausanne en 17 minutes. Sébastien Ohl, directeur immobilier du groupe Orllati Real Estate  confie : «Parmi les 170 mesures du label, certaines demandent plus d’implication que d’autres, car les exigences OPL ne concernent pas seulement la construction, elles se développent à une plus grande échelle, celle de tout un quartier. Cela concerne la mobilité mais également l’alimentation durable, car les magasins d’alimentation environnants doivent être en mesure de fournir des produits locaux et biologiques. Et cela passe aussi par le zéro carbone et le zéro déchet. » Sachant toutefois que les habitudes des utilisateurs ne changent pas du jour au lendemain, le WWF tient compte du facteur temps pour que les acteurs d’un lieu One Planet Living© intègrent toutes ces démarches. « On compte plusieurs années pour parvenir à certains objectifs comme le zéro déchet », rassure Sébastien Ohl.

 

Quelles différences sur le chantier ?

Toutes les mesures OPL© s’appliquent durant les travaux. Le choix des matériaux locaux, équitables, et les plus naturels possibles sont privilégiés. « Pour assurer la qualité de l’air intérieur, des peintures sans solvant seront appliquées. Le suremballage est évité et oriente le choix des achats. La totalité des graviers de l’excavation sont lavés chez Orllati et réutilisés pour fabriquer le béton. Les eaux de pluie sont récupérées et l’eau nécessaire à la construction est gérée de façon responsable. Un processus de controlling mis en place sur chantier permet au WWF de vérifier que tout le procédé des travaux reste cohérent », souligne le directeur. Pour Gruvatiez, des façades en béton, de types sandwich, préfabriquées en Suisse, ont été choisies pour leur excellente performance et leur indice de durabilité. Malgré une évidente volonté de faire pour le mieux, force est de constater que le parquet en bois reste impossible à trouver en bois suisse à un tarif rationnel. Pourtant, dans l’ensemble, en ce qui concerne le prix à payer pour construire avec de telles exigences, le surcoût des travaux labellisés OPL© ne dépasse pas 10% du prix total du chantier, au grand maximum, et n’est en aucun cas reporté sur l’utilisateur. « Au niveau de la complexité de la mise en œuvre de la construction, si une entreprise est capable de réaliser du Minergie P éco, elle a les capacités de se lancer dans la réalisation du niveau du label OPL©. Il y a toutefois plus de contraintes que sur un chantier classique.»

 

Vers l’écologie urbaine et au-delà

La totalité des énergies nécessaires au fonctionnement du quartier est puisée sur place, avec des panneaux photovoltaïques en toiture, de la géothermie, qui utilise la nappe phréatique pour la production de chaleur et de froid. L’électricité sera produite grâce à la centrale hydro-électrique locale. Des attentions à la perméabilité des sols, avec un maximum de surfaces en pleine terre visent à favoriser la biodiversité. Des espaces comme les vergers, les jardins et les toits plats végétalisés sont réservés pour les petits milieux naturels, les biotopes et pour la faune.

Pour le bien-être des habitants, la qualité du cadre de vie passe par le choix de matériaux naturels, plus agréables à vivre, mais aussi par des aménagements extérieurs, des espaces communs et des lieux de rencontre, les interactions humaines agréables faisant partie des critères de fonctionnement. Un concierge aura le rôle d’animateur social et assurera la mission d’informer et de sensibiliser à la démarche OPL©, en plus de rendre les services courants de conciergerie aux habitants. Pour encourager la mobilité douce, les cheminements piétons et cyclables, ainsi que des bornes pour le rechargement des véhicules électriques sont prévus. Sachant que 75% de la population mondiale vivra dans les villes d’ici à 2050, et que plus de 70% des émissions de CO2, principal responsable du réchauffement climatique, proviennent des villes, la conception d’un nouvel urbanisme, façon WWF, apporte des solutions adaptées. Le groupe Orllati en est d’ailleurs convaincu au point d’avoir commencé à développer un autre plan de quartier aux « Anciens Moulins », en face de Gruvatiez. Ainsi, toute la partie sud de la commune d’Orbe sera bientôt construite selon les critères écologiques les plus exigeants qui soient au niveau mondial.