Yverdon sauve son centre-ville grâce au parking

Enterrer les véhicules pour libérer l'espace public

Gefäss: 
Yverdon enterre son parking pour sauver le centre-ville

Le Conseil communal d'Yverdon-les-Bains (VD) a accepté cette semaine la construction d’un parking souterrain de 1000 places devant la gare. Un projet d’envergure qui va permettre de libérer et de végétaliser l’espace en surface.

Les écologistes ne sont pas d’accord avec cette décision mais un parking souterrain, à Yverdon, remplacera bientôt les 800 places actuellement en surface sur la place d'Armes. La deuxième ville du canton de Vaud compte près de 30'000 habitants. C’est trop pour ne pas construire de parking sans mettre en péril la vie et les commerces au centre, mais trop peu pour rentabiliser des transports publics. Pour le syndic Jean-Daniel Carrard, "l’objectif est de soutenir les commerces du centre-ville qui souffrent de la concurrence des grands centres commerciaux situés en périphérie".

L’argument ne convainc pas les milieux écologistes. D'après l’élu yverdonnois Benoist Guillard, "ce genre de construction relève du siècle dernier et crée beaucoup de nuisance et de trafic". "Les villes de taille moyenne se doivent aussi d’investir dans les transports publics et la mobilité douce", ajoute-t-il.

Parkings en périphérie ou enterrés ?

Genève ou Lausanne, qui comptent parmi les plus grandes villes de Suisse romande, ont renoncé à investir au centre pour privilégier les parkings en périphérie. Mais pour les villes de moindre taille, comme Yverdon, Fribourg ou même Vevey, le parking souterrain reste un sujet d’actualité. Fribourg réfléchit actuellement à une construction souterraine de 300 places au cœur du Bourg, tout comme Vevey, où les citoyens doivent voter pour ou contre un projet de parking sous la place du Marché.

Le taux des ménages sans voiture, en Suisse s’élève à 22%. Mais pour certaines villes comme Berne, ce taux grimpe à 57%, Lausanne à 46 % et Genève à 42%. La politique de ces villes mise plutôt sur les transports publics.

Place publique végétalisée

Pour l’urbaniste Marc Antoine Messer, le besoin en parking répond en général à un taux de motorisation élevé. Il souligne "qu’il est plus facile pour les grandes villes d’investir dans le transport en commun, car il est très vite rentable, alors que dans les villes de moyenne taille la population reste très dépendante de la voiture". "Ainsi, ces villes continuent à investir dans une politique libérale du stationnement", assure-t-il.

Les 4,5 hectares de la place seront végétalisés pour offrir un nouvel espace public aux habitants. Le projet devrait être terminé en 2023.