4 millions pour rénover après 4 ans

Prison d’Orbe : des travaux bon marché qui coûtent cher

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Prison d’Orbe : des travaux bon marché qui coûtent cher

La société qui avait réalisé les travaux va devoir prendre en charge pour 450'000 francs de réparations.

Les détenus ont été « violents contre les ouvrages » a déclaré Régis Courdesse, membre du Grand Conseil vaudois. Mais quatre ans seulement après l’ouverture d’une aile de la Colonie des Etablissements de la plaine de l’Orbe, les députés vaudois ont dû très largement accepter mardi 8 janvier, d’allouer, pour ce bâtiment pénitentiaire, un nouveau crédit de 4,3 millions de francs destiné à son assainissement et sa rénovation. Non sans rechigner. «Nous acceptons parce que nous n’avons pas le choix», a résumé l’UDC Yvan Pahud, en évoquant «la légèreté» avec laquelle ce projet a été mené. «Il faut déjà changer 74 portes après quatre ans», a déploré le député.

Finitions inappropriées au cadre pénitentiaire

Les socialistes ont accepté ce crédit en insistant sur la nécessité de tirer les conclusions de cette expérience. Et Claude Schwab d’appeler «dorénavant à mieux structurer les rapports entre le service pénitentiaire et le Service cantonal des immeubles, du patrimoine et de la logistique». En juin 2012, le Grand Conseil avait octroyé un crédit de 17,5 millions de francs pour cette nouvelle aile de 80 places, un nouveau bâtiment destiné aux ateliers ainsi que pour la sécurisation du périmètre. Un crédit additionnel avait été voté en 2016 pour une deuxième enceinte de sécurité autour du périmètre de la prison de Bochuz. L’aile montre néanmoins des signes prématurés de vieillissement.

Un bâtiment « bon marché »

Les raisons évoquées sont, d’une part, la finition du chantier par l’entreprise, qui n’était pas à la hauteur des besoins particuliers de cette prison fermée. La société va ainsi prendre à sa charge une partie des travaux de réparation et d’adaptation pour un montant de 450 000 francs.

D’autre part, les conséquences des Printemps arabes sur les prisons n’étaient pas connues au moment des débats. «Ces derniers ont amené une nouvelle criminalité», précise le rapporteur de la commission, Régis Courdesse, évoquant des violences contre les ouvrages et un rapport difficile à l’autorité.

Des arguments qui ne convainquent qu’à moitié. Finalement, les députés ont fini par accepter de débloquer ce crédit sans opposition: par 101 oui et 9 absentions même si plusieurs d’entre eux ont pointé du doigt un bâtiment initialement «trop bon marché».