Le rail pour doper l’économie

Le train en prend pour quinze ans dans le canton de Neuchâtel

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Teaserbild-Quelle: RTS
Quinze ans pour le rail

Le canton de Neuchâtel s’engagera dès septembre dans l’un de ses plus grands chantiers d’envergure. La construction d’une nouvelle ligne ferroviaire directe entre le chef-lieu et La Chaux-de-Fonds ne négligera pas pour autant le tracé historique. Une nouvelle gare est notamment prévue à Cernier. La ligne sera mise en exploitation dans quinze ans.

Attendu, espéré, désiré même! Le canton de Neuchâtel est prêt à s’engager dans un nouveau chantier d’envergure, pour maintenir son économie à flot dans les temps troublés par le coronavirus. Et c’est sur ses infrastructures ferroviaires que sera porté l’effort dès le mois de septembre.

Bataille fédérale homérique

Après un échec populaire mortifiant en 2012, le projet de nouvelle liaison ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds donne le coup de sifflet d’un nouveau départ, après avoir été approuvé en votation populaire il y a quatre ans. Après une bataille homérique auprès des Chambres fédérales, les élus neuchâtelois peuvent enfin envisager de donner le premier coup de pioche aux nouvelles infrastructures ferroviaires du canton. Avec une différence de taille par rapport à 2012. Le projet sera en effet largement financé par la Confédération. Il représente un montant total de près d’un milliard de francs.

Une gare semi-enterrée

Le canton, qui sort de plusieurs exercices comptables difficiles, va également mettre la main au porte-monnaie en finançant la construction d’une nouvelle gare à Cernier. Soit au milieu du tracé de la nouvelle ligne directe entre les deux grandes villes du canton. Cette nouvelle gare sera semi-enterrée. Ses futurs quais souterrains, de 230 m de long, pourront accueillir des rames triples à la cadence du quart d’heure. La construction, devisée à 45 millions de francs,  comprendra encore un P+R et une interface pour le réseau des bus locaux.

La mobilité douce dans les tunnels

Le futur chantier suppose l’abandon de la ligne ferroviaire historique entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds et son célébrissime rebroussement de Chambrelien. Le canton de Neuchâtel souhaite remplacer les rails par une «voie verte» de plus de 22km de long, dont 4,5 km en tunnels. Cela pour permettre l’aménagement d’une liaison de mobilité douce entre le Littoral et les Montagnes neuchâteloises. Pour l’heure, il s’agira pour les CFF de procéder à un assainissement minimal de ces infrastructures, qui datent du XIXᵉ siècle. Cela sera fait l’an prochain, avec un remplacement des trains par des bus. La reconversion verte du tracé fera encore l’objet d’études de faisabilité.

Un pont pour un nouveau tracé

La suppression du retournement de Chambrelien ouvre aussi la perspective d’un nouveau tracé ferroviaire entre Neuchâtel et le Val-de-Travers. Le canton financera la construction d’une nouvelle ligne entre Corcelles et Bôle, pour un montant de 67 millions de francs. Il s’agira notamment, sur ce bref tracé, de construire un pont ferroviaire par-dessus le vallon de Cottendart et deux passages routiers enjambant la nouvelle ligne.

Nouvelle mobilité

Les CFF vont donc être au chevet de leur ligne vénérable entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds dès l’an prochain. Leurs travaux seront le prélude de l’important projet de réseau express neuchâtelois, souhaité par le Conseil d’Etat depuis plus de dix ans. Il faudra encore attendre 2033 ou 2035 pour que la population en profite…