Déménager une halle ferroviaire

Datant de 1903 le bâtiment sera démonté puis reconstruit

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Le hangar date de 1903 mais n'est pas classé. Ses propriétaires ont toutefois décidé de le sauver plutôt que de le détruire, car il "fait partie du patrimoine." Pour 1,5 million de francs, l'opération vaut la peine.

Déménager un bâtiment, c'est recycler intelligent

Un entrepôt en bois déménage de Châtel-Saint-Denis à Montbovon. Seules les pièces d’origines sont conservées pour être reconstruites.

 

Depuis quelques jours, des échafaudages sont installés autour d’une vieille halle, proche de l’ancienne gare de Châtel-Saint-Denis (FR). Les travaux consistent à déconstruire avec précaution le bâtiment pour le remonter à Montbovon, après avoir trié les pièces d’origine, afin de « conserver l’identité et l’usage du hangar, dans un contexte en lien avec la même époque » justifie Vincent Steingruber, collaborateur scientifique au Service des biens culturels (SBC). «Ce bâtiment n’est pas protégé, mais il a une valeur patrimoniale. Il remonte à l’époque même de la création de la ligne, en 1903.»

 

Récupérer la charpente

«Dès vendredi, une équipe va déconnecter la ligne de contact pour mettre en sécurité tous les engins», expose Gianfranco Quaranta, chef du projet de déplacement de la gare TPF à Châtel-Saint-Denis. Les travaux de démontage débuteront lundi prochain. «De la grave sera posée sur les rails pour rouler avec les machines de chantier», indique Gianfranco Quaranta. Puis viendra le démontage à proprement parler. «On récupère uniquement la charpente», souligne le chef de projet. «C’est une reconstruction partielle, puisque seuls certains éléments d’origine sont conservés», confirme Vincent Steingruber. Au final, environ 250 m3 de bois et 70 m3 de tuiles seront supprimés.

La charpente sera ensuite reconditionnée par l’entreprise Lanthmann Constructions Bois Sàrl, à Montbovon, qui effectuera deux convois spéciaux de 5,10 mètres de large à la fin mars. Alexandre Lanthmann, directeur de l’entreprise spécialisée dans la construction en bois, précise : «Onze pièces seront transportées, soit environ 20 m3 de bois.» L’ajout de nouveaux éléments porteurs permettra des reports de charge lors de sa reconstruction à Montbovon. «Au sens légal, c’est un nouveau dépôt qui sera construit. Il doit être adapté au lieu. D’un point de vue statique, il devra par exemple supporter les charges de neige qui sont supérieures à Montbovon», complète pour sa part Nicolas Fragnière, chef de projet général pour la gare de Montbovon.

Pour un total de 1,5 million de francs

Ce déménagement du hangar sur son nouveau site est prévu au mois de mai. Nicolas Fragnière évalue le coût du déménagement à environ 1,5 million de francs. La halle retrouvera alors son allure originelle avec un lamage vertical en lieu et place du lamage horizontal datant d’un agrandissement de la remise en 1944. Les fenêtres seront rétablies selon les plans de 1903. Des modifications seront toutefois apportées au bâtiment qui accueillera trois voies de garage au lieu de quatre. «La grandeur des ouvertures sera donc différente», explique l’ingénieur Nicolas Fragnière. L’intérieur du dépôt accueillera encore un atelier de réparation moderne. Celui-ci sera aussi mis à disposition de l’association GFM historique, qui gère le patrimoine ferroviaire des TPF entreposé dans une partie de la halle. Son matériel roulant suivra le même chemin. «Nous devons libérer la remise pour le 3 mars et avons environ 200 mètres de véhicules à déplacer», explique Alain Castella, président de l’association. Sept véhicules seront parqués sur les voies industrielles de Nestlé, à Broc, dans l’attente d’emménager à Montbovon au début de l’automne. De même, trois automotrices se rendront dans un dépôt à Bulle. Le solde des véhicules stationnera dans l’intervalle sur une voie de garage à Bulle.