Rénover est aussi assainir

La qualité de l’air dans les logements demande plus d’attention

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Teaserbild-Quelle: © iStock/EPFL

La qualité de l’air à l’intérieur des logements laisse encore à désirer en Suisse romande. Une étude universitaire tente à démontrer qu’il faut y veiller davantage en cas de rénovation. Les nouveaux matériaux de construction laissent entrevoir des améliorations notables.

Source: 
OFSP

La teneur en radon des logements est particulièrement forte dans l'Arc jurassien.

La qualité de l’air à l’intérieur des logements est importante, surtout en cas de rénovation. Notre environnement est en effet envahi de polluants chimiques et biologiques invisibles. Une équipe de l’EPFL, d’Unisanté et de la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR)  vient de se pencher sur le problème au travers d’une vaste enquête en Suisse romande.

Le radon, cet ennemi

Parmi les polluants domestiques les plus connus figure le radon, ce gaz radioactif produit dans certains sous-sols et affectant la santé humaine. L’Arc jurassien reste une région exposée, malgré les campagnes de mesures qui y sont menées depuis longtemps. Les chercheurs de cette étude ont pu établir après 3 mois de mesures dans 650 logements que la ventilation mécanique pouvait atténuer les effets nocifs de ce gaz. Dans 60 appartements, il a aussi été prouvé que la concentration en radon augmentait en cas de rénovation sans concept performant du renouvellement de l’air ambiant. Il faut rappeler que l’assainissement est obligatoire au-delà d’une valeur de 300 becquerels par mètre cube, selon la législation. Le contact direct avec le sol – par exemple une cave – aggrave le phénomène dans les régions exposées au gaz.

La situation s’améliore

Les mesures de renouvellement de l’air ont, selon l’étude, des conséquences bénéfiques. L’isolation des façades sans en tenir compte fait augmenter la concentration de polluants biologiques – des moisissures par exemple - et chimiques. Les rénovations les plus récentes ont ainsi permis de faire baisser la teneur en formaldéhyde (dérivé du formol présent dans les matériaux de construction) dans les logements. Moins de 10% des appartements testés présentent ainsi des valeurs supérieures à celles prescrites par l’Office fédéral  de la santé publique (OFSP).

Aérer ne suffit pas

Ces polluants proviennent aussi de matériaux utilisés entre 1950 et 1990 dans la construction. L’absence de ventilation mécanique et de fuites d’air intérieur sont également en cause. La présence d’un garage dans le bâtiment également. Les chercheurs indiquent que l’aération régulière des appartements ne suffit pas. La ville et la campagne sont exposées à des risques similaires de pollution.

Des fenêtres intelligentes

Les solutions pour pallier ces problèmes existent. Dusan Licina, professeur à l’EPFL et co-auteur des publications, préconise notamment le développement de fenêtres plus intelligentes et de matériaux de construction faiblement émissifs. La surveillance de la qualité de l’air à l’intérieur est aussi encouragée.

Vers un observatoire romand

Joëlle Goyette Pernot, professeure à la HEIA-FR, également co-autrice des publications, appelle à plus d’attention sur le sujet: «C’est notre rôle en tant que chercheurs d’augmenter la prise de conscience générale de cet enjeu, tant au sein de la population que de la profession et des autorités. Nous sommes dans ce but en train de mettre en place un Observatoire Romand de la Qualité de l’Air Intérieur, projet pilote en Suisse soutenu par l’OFSP et le canton de Genève, afin d’augmenter nos connaissances et de favoriser les collaborations scientifiques.» 

Pour le bien-être de l’environnement bâti.