07:01 ARCHITECTURE

Eternit Suisse prend ses distances

Dans un communiqué diffusé lundi, Eternit Suisse prend ses distances: «Ce procès concerne le manque de sécurité dans les usines des filiales italiennes de la société Eternit S.p.a Gênes qui a fait faillite en 1986».

Avant cette date cependant Eternit SA ne s'était pas encore scindée en deux sociétés distinctes. «Eternit Suisse est une société indépendante et autonome», poursuit le communiqué «et Stephan Schmidheiny n'en a jamais été actionnaire.» Mise en cause par les avocats des parties civiles, Eternit Suisse a demandé son exclusion du procès lors de l'audience de lundi.
La contamination par l'amiante a duré de 1973, année du rachat des fabriques par MM. Schmidheiny et de Cartier, à 1986, date de la faillite des sites italiens.

Campagne d'information de la SUVA
Des travailleurs italiens ont également été exposés à l'amiante en Suisse. Souhaitant leur faire mieux connaître leurs droits, la Suva, les syndicats et les associations de travailleurs transalpins ont lancé une campagne d'information à leur intention.
Les fibres d'amiante peuvent être à l'origine de maladies incurables qui ne se manifestent souvent que 20, 30, 40 ans ou plus tard encore après l'exposition, relève la Suva dans un communiqué diffusé lundi. Même si l'utilisation en est interdite en Suisse depuis 1990, les cas de décès demeurent donc en constante augmentation: jusqu'à présent, la Suva en a enregistré 1141.
En Suisse, les affections liées à l'exposition aux poussières d'amiante dans le cadre du travail sont considérées comme des maladies professionnelles. Lorsqu'une telle maladie est diagnostiquée et reconnue, la personne concernée a légalement droit à des prestations de l'assurance-accidents.

Procès ajourné au 8 février
La deuxième audience du procès des ex-patrons d'Eternit SA Italie a été brève lundi à Turin. Après les déclarations des parties civiles, le président du tribunal a ajourné les débats au 8 février.
Avant de clore l'audience du procès qui s'est ouvert le 10 décembre dernier, le juge Giuseppe Casalbore a entendu les demandes soulevées par les représentants des parties civiles.
Il a ensuite demandé aux avocats de la défense de s'exprimer à ce propos mais ceux-ci ont préféré renvoyer leurs prises de position à la prochaine audience, fixée au 8 février, ont indiqué les agences de presse italiennes. Le président de la cour a indiqué que le procès serait retransmis en direct dans toutes les salles de justice italiennes.
Les deux inculpés, l'industriel suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis de Cartier, n'assistent pas aux débats.

Jugement par contumace
Les deux inculpés répondent d'homicides par négligence pour les morts provoquées par l'exposition à l'amiante, selon l'accusation du procureur Raffaelle Guariniello. Ils sont jugés par contumace.
Plus de 700 personnes se sont constituées partie civile dans le procès: elles représentent les quelque 2000 ouvrières et ouvriers d'Eternit SA Italie, décédés des suites de la contamination et les 800 autres malades.
Stephan Schmidheiny, 62 ans, actuellement résidant au Costa-Rica et le baron Jean-Louis de Cartier de Marchienne, 89 ans, sont notamment accusés d'avoir négligé les mesures de sécurité sur les lieux de travail des usines Eternit SA en Italie. Le procès pourrait durer plusieurs années. Les deux hommes risquent jusqu'à treize ans de réclusion. (bmg/com)

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