12:05 ARCHITECTURE

«Le BIM nous aide à anticiper et lier nos compétences»

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BIM ou pas BIM ? A Lausanne, chez a-rr., la question ne se pose pas. Depuis 2017, le bureau d’architecture a basculé et changé de paradigme. Un choix gagnant qui permet  à ce bureau d’être particulièrement compétitif. A découvrir dans le cadre de l'Open BIM Tour.

Montagne 136_Chêne-Bougeries_maquette numérique_CVS

Crédit image: a-rr.

La maquette numérique permet d’anticiper et de détecter les problèmes potentiels. Le modèle 3D est déjà prêt en phase 31 SIA.

A Chêne-Bougeries, en périphérie de la ville de Genève, la mise à l’enquête du projet Montagne 136 est passée comme une lettre à la poste. «Nous venons de recevoir le permis de construire sans même une opposition, se félicite Noémie Goldman, architecte-associée du bureau a-rr. Le BIM et ses possibilités, nous ont aidé à concevoir la variante la plus rationnelle, aboutie et optimale par rapport à la surface et la parcelle.»

Montagne 136 est un projet d’immeuble de logements et d’activités, situé comme son nom le laisse présager au Chemin de la Montagne sur la commune de Chêne-Bougeries. L'ensemble comptera 72 logements (6000 m2  de surface habitable) sur 7 niveaux, 1000 m2 de bureaux au premier étage, 4000 m2 de commerces de quartier au rez-de-chaussée avec une grande surface commerciale  en rez inférieur, ainsi que deux étages de stationnement souterrain.

Jeux de plots

Trois plots à base triangulaire s’imbriquent dans le site et se déclinent par adjonction en losange ou en trapèze selon les plateaux. Les espaces entre les plots deviennent des percées qui permettent des jeux de perspectives, de profondeurs sur le parc et les barres des logements voisines. Cet enchâssement des formes permet aussi d’orienter les blocs pour que chaque logement bénéficie d’une vue dégagée. Les typologies profitent d’une triple orientation. L’espace de jour rayonne autour d’un noyau polyforme, dont les facettes structurent les différentes fonctions. L’organisation des appartements offre une étonnante flexibilité d’usage.

Ce projet très complexe aux fonctions différentes représente la quintessence du savoir-faire d’a-rr. «La force de notre bureau, confirme Noémie Goldman, c’est notre expertise des bâtiments mixtes avec une imbrication de programmes et de contraintes. Notre équipe s’appuie, en effet, sur des compétences variées et très complémentaires qui vont du design d’intérieur au développement urbain, en passant par la construction de nouveaux bâtiments ou les transformations lourdes en site occupé. Et le BIM est justement un outil qui nous aide à anticiper, compléter et lier nos compétences.»


La rigueur est de rigueur

C’est en 2017 qu’a-rr. a décidé de passer de la DAO (Dessin assisté par ordinateur) avec AutoCAD à la CAO (Conception assistée par ordinateur) avec Archicad. Une vingtaine de membres ont suivi des formations chez Abvent. Et progressivement toute l’équipe, grâce notamment à des formations internes, a changé de méthode de travail. «Il n’était pas question d’avancer timidement vers le BIM, insiste Noémie Goldman. La volonté du bureau était claire et nette: nous voulions basculer dans ce futur et changer de paradigme. Nous nous étions donnés deux ou trois ans pour y parvenir, mais la transition s’est avérée bien plus rapide, à peine plus d’un an. C’était important pour nous de participer activement à la transition.»


Montagne 136_Chêne-Bougeries. Trois plots à base triangulaire s’imbriquent dans le site et se déclinent par adjonction en losange ou en trapèze selon les plateaux.

Crédit image: a-rr.

Trois plots à base triangulaire s’imbriquent dans le site et se déclinent par adjonction en losange ou en trapèze selon les plateaux.

Cyril Flury, responsable BIM, ne tarit pas d’éloges sur ses nouveaux outils: «Pour coordonner les projets, notamment Montagne 136, c’est un outil incroyable. La maquette numérique nous permet d’anticiper et de détecter les problèmes potentiels. Mais cela précise le métier: dès que nous concevons, nous devons avoir des notions de réalité constructive. Le modèle 3D est déjà prêt en phase 31 SIA. Cela nécessite une grande rigueur et de bonnes connaissances du métier dès les premières phases. Le maître d’ouvrage est en possession d’un grand nombre d’informations  en amont du projet facilitant ainsi les prises de décisions. Le revers de la médaille, est que nous assistons à un décalage de phase. Le projet est renseigné déjà très tôt et avec de plus en plus d'informations, ce qui nécessite une grande agilité dans les processus de modifications et de vérifications des données dès l'avant-projet.»

Contrôle des états locatifs

«Pour l’instant ajoute Cyril Flury, les maîtres d’ouvrage n’ont que rarement des exigences d’information concernant la maquette numérique. Ils apprécient surtout les fonctions de visualisation 3D par des casques VR qui procurent une notion spatiale en réalité virtuelle. Ils sont heureux aussi de savoir quelles surfaces sont les mieux valorisées et d’avoir un contrôle des états locatifs et des coûts futurs.»


Montagne 136 à Chêne-Bougeries proposera 72 logements, 1000 m2 de bureaux et 4000 m2 de commerces avec une grande surface commerciale en rez inférieur.

Crédit image: a-rr.

A la place d’un centre commercial désuet, Montagne 136 à Chêne-Bougeries proposera 72 logements, 1000 m2 de bureaux et 4000 m2 de commerces avec une grande surface commerciale en rez inférieur.

Très soucieux des questions environnementales, des processus de développement durable plus économe en énergie grise et de dégagement de CO2, a-rr. a mis à profit la force du BIM pour analyser et déterminer les matériaux les plus adaptés compte tenu de la durée de vie du complexe. «Nous avons travaillé avec un bureau indépendant sur la physique du bâtiment, détaille Noémie Goldman. L’idée est de requestionner les absolus de la construction. Ici, nous avons identifié l’impact carbone et la durée de vie de différents éléments de la construction pour placer les bons matériaux aux bons endroits et dans les bonnes quantités. Le BIM permet également de planifier les rénovations à venir par le changement d’éléments de manière indépendante en séquences dans le temps.»


Flexible et évolutif

Pas moins d’une quarantaine de sondes géothermiques vont parsemer la parcelle. Là aussi le BIM s’avère là particulièrement utile pour savoir comment s’insérer dans ces nappes techniques. Et d’ici le premier coup de pioche prévu en septembre 2023, bien des impondérables peuvent survenir.

«Le BIM nous offre une grande flexibilité, assure Cyril Flury. La maquette continue d’évoluer avec le projet. Nous restons à l’écoute du marché et des modifications dans les affectations des étages restent ouvertes.» Une configuration finale à découvrir en août 2026 lors de l’inauguration.


Conférence gratuite

Le projet et le travail BIM qui y a mené seront présentés dans le cadre de l’Open BIM Tour le 10 mai à Fribourg, le 11 mai à Lausanne et le 12 mai 2022 à Genève. La manifestation et les conférences sont gratuites, mais sur inscription. Tous les détails sur https://obt.abvent.ch


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