Les boues des gravières genevoises restent en déshérence
Le lavage à grande eau des graviers utilisés pour le béton crée encore trop de déchets inexploités, selon la Haute école genevoise du paysage, d’ingénierie et d’architecture. Pour valoriser ces matériaux, les chercheurs recommandent l’usage de liants plus écologiques.
Crédit image: Etat de Vaud
Les gravières produisent encore trop de résidus, estiment les experts.
L’élimination des matériaux d’excavation a aussi ses effets pervers. Toutes les deux minutes, un camion quitte Genève vers la France voisine pour se débarrasser de 4,5 millions de tonnes par année de divers matériaux provenant de démolition ou de chantiers divers. Leur lavage génère des boues que la Haute école genevoise du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia) entend mieux exploiter. Techniquement et économiquement.
Crédit image: HEPIA, A. Bennani
Le lavage des granulats donne lieu à des boues qui ne peuvent actuellement pas être recyclées.
Ces boues ne sont en effet ni recyclées ni réutilisées. Elles se retrouvent encore trop souvent en décharge, explique la Haute école sur son site. Les quantités jetées sont de 1000 tonnes par jour, rien que pour le canton de Genève. Soit 5 millions de tonnes par année en Suisse.
Le béton
dans la ligne de mire
La situation invite les chercheurs de l’Hepia à innover pour réduire le volume
des déchets de chantier inexploités. Il s’agit de diminuer l’empreinte carbone
de la construction. Ces matériaux boueux sont en effet au cœur du nettoyage à
grande eau des futurs composants du béton. Dans chaque gravière, à Genève comme
ailleurs se pose le problème de l’élimination ou du recyclage des déchets.
Le
second œuvre visé
L’Hepia pilote depuis 2024 un programme visant à chercher de nouvelles ressources
pour la fabrication de liants cimentaires à faible empreinte carbone. Elle
bénéficie de l’appui de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de
Vaud (HEIG-VD) pour inviter les entreprises de construction, second œuvre en
tête, à réduire le volume des déchets qu’elles produisent. Pour de nouvelles applications
en matière de mortiers, enduits ou chapes, précisent les chercheurs genevois et
vaudois.
De nouveaux
liants
Trois débouchés apparaissent dans les conclusions des initiants : à savoir
le remplacement d’une partie du ciment produit, l’incorporation des boues calcinées
dans les mortiers ou les bétons et le développement de nouveaux liants pour la
stabilisation des sols et des déchets. Au-delà des boues de lavage, la valorisation
d’autres résidus est aussi à l’étude. Comme le marc de café, la litière pour
chats ou même la pâte de soja.