Timber Carbon introduit l’intelligence artificielle dans la décarbonation
Le recours à des matériaux biosourcés, le bois en tête, s’impose de plus en plus, et la start-up zurichoise fait de la performance environnementale d’un bâtiment une valeur économique mesurable. Elle intègre ainsi au plan international la réduction des émissions de dioxyde de carbone par stockage de ce dernier.
Crédit image: Jan Bitter, DR
Développé par PRIMUS Developments et Eike Becker Architekten, cet immeuble allemand de bureaux en construction hybride bois a été achevé il y a deux ans.
L’élimination du carbone dans le bâtiment peut être assistée de l’intelligence artificielle. La start-up zurichoise Timber Carbon le démontre en se lançant dans le développement au plan international des possibilités de stockage des émissions dans le bâtiment. Elle renforce ses liens avec le marché de la construction, en proposant un actif négociable dans l’univers des matériaux biosourcés. La société se prépare à financer son approche par une nouvelle levée de fonds.
Un
changement de paradigme
L’entreprise explique qu’il est difficile de quantifier les impacts du stockage
du dioxyde de carbone dans des matériaux comme le bois. La décarbonation passe ainsi
du stade du simple poste de coût à celui d’une valeur économique mesurable. C’est un vrai changement de paradigme dans la
lutte contre le réchauffement climatique.
Du négatif
au positif
Les émissions de carbone issues du bois dans la construction sont en effet reconnues
comme négatives, explique Timber Carbon dans un communiqué. Mais elles peuvent
être rapidement exploitées à grand échelle. Elles ne comptent en outre aucun
risque de livraison. Le bois supplante aussi le béton et l’acier dans un
processus écologique qui se heurte à de nombreuses difficultés techniques.
Des performances
quantifiées
Timber Carbon plaide ainsi pour un changement profond des habitudes de
construction en rendant visible les performances climatiques d’un bâtiment. L’intensité
carbone n’est ainsi plus une valeur abstraite. Le procédé mis en place par la
start-up permet aussi de valoriser le bois et d’augmenter la part des
constructions neuves biosourcées, qui se situe actuellement entre 0,5 et 10%
selon les pays.
Ainsi, la start-up valorise économiquement son action en faveur de la décarbonation. Elle a déjà pu stocker en cinq ans 72’000 tonnes de dioxyde de carbone dans plus de 90 bâtiments. Principalement en remplaçant le béton et l’acier par le bois. Une croissance qui ne doit pas s’arrêter, assure-t-elle.