Anières ne pourra pas chauffer ses bâtiments avec l’eau du Léman
La petite commune genevoise a choisi de demeurer à l’écart des exploitants de la chaleur du Léman pour chauffer ou refroidir ses bâtiments. Son corps électoral a sèchement refusé la construction d’un réseau à distance. L’échec est cuisant.
Crédit image: Babsy, CC_BY-SA_4.0
Le projet aurait aussi misé sur l’amélioration de l’irrigation des terres agricoles de la commune.
Pour remplacer ses chaudières à gaz et à mazout, la commune d’Anières (GE) a proposé d’engager une vingtaine de millions de francs. Mais ce projet d’avenir n’a pas séduit. Seulement un cinquième du corps électoral s’est montré favorable à puiser l’eau du Léman pour chauffer et refroidir les bâtiments du village et de ses alentours.
Le projet était soumis à quelques contraintes. Notamment en ce qui concerne la planification de sa réalisation. La commune précise que la construction des conduites du futur CAD était soumise à une autorisation courant jusqu’en janvier 2026 pour la partie terrestre et jusqu’en juin pour les tronçons lacustres. Cette pression n’a plus lieu d’être.
Un
projet jugé pharaonique
De plus en plus de communes riveraines du Léman pensent pourtant à utiliser
l’eau du lac comme ressource renouvelable pour leurs réseaux de chauffage à
distance. Celle d’Anières souhaitait assurer son indépendance énergétique de cette
façon. Mais son projet de valorisation a été jugé disproportionné par quatre
électeurs sur cinq.
Le projet misait sur une ressource abondante et locale. Selon la commune, il aurait assuré la stabilité des coûts énergétiques, cela en pensant à réduire le volume de la chaufferie communale. Le CAD proposé en vain encourageait aussi la rénovation thermique des bâtiments, réalisait un réseau à distance et évaluait la possible d’implanter des sondes géothermiques dans le village et ses hameaux.
Chantiers
coordonnés remis en question
Le CAD prévoyait aussi la généralisation de pompes à chaleur. Il répondait à une
étude d’irrigation de la zone agricole de la commune, menée par les Services industriels
genevois qui disposent déjà de 250 km de réseau thermiques structurants.
Les travaux envisageaient aussi la création d’une roselière. Ils devaient se dérouler
de manière mutualisée et en coordination avec divers réaménagements routiers. La
page du chauffage à distance dans cette petite commune de la rive gauche du lac
est désormais gelée.