La science au chevet de la corrosion des éléments métalliques
Basée sur l’étude de différents bâtiments en Suisse, une étude pilotée par la Haute école spécialisée de l’Arc jurassien veut proposer de nouvelles méthodes de conservation du métal employé dans la construction. Le réchauffement climatique s’attaque aussi à ces éléments.
Crédit image: Roland Zumbuehl, CC_BY-SA_4.0
L’état des éléments métalliques de cet ancien séchoir à absinthe neuchâtelois construit en 1893 est particulièrement scruté par les scientifiques.
La lutte contre le réchauffement climatique passe aussi par des investigations scientifiques portant sur les structures métalliques. La Haute école spécialisée de l’Arc jurassien (HE-ARC) pilote avec différents autres partenaires une étude destinée à mesurer et à déterminer comment le métal se dégrade sous l’effet du climat et de la pollution. Les chercheurs ont identifié plusieurs sites pour espérer proposer de nouvelles techniques de conservation et d’entretien des bâtiments.
La méthode employée repose sur l’étude de cas précis. Ou de bâtiments datant d’avant 2015, explique la HE-ARC dans un communiqué. A savoir, l’ancien séchoir à absinthe de Boveresse (NE), devenu musée, ou la maison Farel à Bienne ou des sculptures en bronze à Berne, Lucerne et Lausanne. Elle compare des structures métalliques, traitées ou non, pour établir de nouveaux procédés.
Zinc,
aluminium, fer et cuivre
Sont particulièrement examinés les effets du réchauffement climatique sur le
zinc, l’aluminium, le fer et du cuivre. Les scientifiques analysent ces matériaux
sous différents angles comme l’exposition ou leur degré d’altération. L’étude
établit des corrélations entre différents méthodes d’entretien, entre la
biopassivation - procédé écologique – et les techniques traditionnelles. Des évaluations
sont faites in situ pour caractériser les mécanismes de corrosion.
Le but de ces recherches reste la modélisation prédictive de la dégradation des constructions métalliques sous les effets du changement climatique. Elles doivent déboucher dès la fin de 2027 sur de nouvelles recommandations concrètes en matière de restauration ou d’entretien préventif. Le patrimoine est aussi une affaire de métal.