Le Heimatstil se marie à la modernité dans une villa de La Chaux-de-Fonds
Le travail du Corbusier dans sa ville natale fait encore recette avec le projet de rénover la toiture de la villa Jaquemet. Un bâtiment construit il y a plus d’un siècle qui combine la déclinaison locale de l’Art nouveau avec l’exaltation du béton armé. Le projet est soutenu par le gouvernement neuchâtelois.
Crédit image: Etat de Neuchâtel
Cette villa est un pur produit du style sapin sur une structure de béton armé.
Heimatstil et Art sapin font bon ménage à La Chaux-de-Fonds. La patte d’un Corbusier jeune est toujours visible dans quelques domaines patrimoniaux de la Ville, et cela conduit le canton de Neuchâtel à soutenir la rénovation de ces biens d’exception, témoin d’une époque glorieuse de l’Art nouveau. Parmi eux, la villa Jaquemet mérite une nouvelle couverture.
Ce sont le Corbusier et l’architecte René Chapallaz qui se sont dévoués à construire cette villa de 1908. Aujourd’hui, le bâtiment abrite deux appartements dotés de tout le confort moderne. Cependant, la rénovation de la toiture se révèle urgente. Le Conseil d’Etat vient d’accorder plus de 30'000 francs à ce projet.
Des matériaux 100% jurassiens
Cette
villa construite au chemin de Pouillerel, au nord du centre et son avenue
emblématique Léopold-Robert, combine en effet les atouts du style sapin,
déclinaison locale de l’Art nouveau, et les vertus de la construction en béton
armé, dont le Corbusier s’est fait le chantre. Les façades sont inspirées des
matériaux et des décors de l’architecture jurassienne, pour proposer un mariage
réussi entre le Heimatsil et le béton.
Les étudiants de l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds ont ainsi mené un travail de recensement architectural des bâtiments générés par les grands architectes du lieu au début du XXe siècle. Deux autres villas illustrent e travail de conception de ces grands hommes. La Villa Fallet, aussi en partie œuvre du Corbusier alors étudiant, et la Villa Stotzer, renvoie à cette époque bénie.
Réhabiliter les Trente Glorieuses
Mais
les richesses architecturales de la Métropole horlogère ne se limitent pas au
Corbusier et à ses mentors. La période des Trente Glorieuses a ainsi vu l’explosion
de la construction en béton. Soixante ans plus tard, une association privée est
fondée pour prendre soin de ce patrimoine et le recenser.
Le récent se révèle le plus vulnérable, selon les assureurs
La tempête de juillet 2023 qui a ravagé La Chaux-de-Fonds n’en finit plus d’alimenter la prévention dans le domaine de la construction. Les analyses menées par les établissements cantonaux d’assurance révèlent que les matériaux les plus récents se montrent aussi les plus vulnérables face aux fureurs de la météo. Ce constat repose sur les expertises menées en ville sur les très nombreux immeubles touchés par un orage aussi soudain que dévastateur.
Les établissements recommandent ainsi des techniques de construction plus lourdes. Les installations photovoltaïques en couverture augmentent en effet le danger statique et diminuent la résistance des immeubles plus modernes. Sont donc particulièrement montrées du doigt les méthodes de construction les plus légères, notamment en façade. Les éléments de l’enveloppe d’un bâtiment doivent aussi être mieux fixés. L’entretien des immeubles joue aussi un rôle déterminant.