Feu vert pour la reconstruction de l'usine d'eau potable de Saint-Sulpice
Lausanne a obtenu du Canton de Vaud
l’autorisation de construire la nouvelle usine de Saint‑Sulpice,
essentielle pour l’approvisionnement en eau de la région. Cette décision
constitue une étape clé vers le remplacement de l’usine actuelle, mise en
service en 1971 et qui ne répond plus aux standards actuels.
Crédit image: Jeremy Bierer.
Environ un tiers de la production totale d’eau potable de la région lausannoise est assurée par l’usine de Saint-Sulpice.
Un vrai parcours du combattant! Le projet de reconstruction de l'usine de
Saint-Sulpice, dénommé Saint-Sulpice II, a fait l’objet d’une première mise à
l’enquête publique en juin 2022, qui a suscité 75 oppositions, puis d’une mise
à l’enquête complémentaire en février 2023, à l’issue de laquelle la majorité des
oppositions ont été maintenue. La municipalité de la Commune de Saint-Sulpice
et le Service de l’eau ont tenu des séances de conciliation à l’automne 2022 et
au printemps 2023 avec les opposants.
Autorisation cantonale délivrée
La commune de Saint‑Sulpice a transmis le dossier au Canton avec un préavis
positif. A l’issue d’un processus coordonné entre le Département de
l’agriculture, de la durabilité et du climat et du numérique (DADN) et le
Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité (DJES), le
Canton a autorisé le 28 mai 2026 la construction de la nouvelle usine d’eau
potable. Cette décision est sujette à recours dans un délai de 30 jours.
Projet stratégique
Le Service de l’eau de Lausanne alimente en direct 260'000 habitants et les
entreprises de 21 communes de l’agglomération. Il fournit également de l’eau à
50 autres distributeurs d’eau. L’usine de Saint-Sulpice constitue la principale
ressource en eau et sa reconstruction nécessite aussi le maintien en service de
l’usine actuelle pendant toute la durée des travaux.
Infrastructure en fin de vie
Le projet Saint-Sulpice II prévoit la construction d’une nouvelle usine de
production d’eau potable et de pompage, puis la démolition de l’usine actuelle.
Cette dernière accuse le poids des ans : la filière de traitement ne
correspond plus aux standards actuels, en particulier au regard du
traitement des micropolluants, et la station de pompage montre des signes
de faiblesse. De plus, au vu de l’évolution démographique constatée dans
l’Ouest lausannois, la capacité de traitement doit être augmentée.
La nouvelle usine intégrera des procédés de
traitement modernes, notamment la filtration membranaire (ultrafiltration et
nanofiltration), le charbon actif et l’oxydation avancée. Elle permettra de
sécuriser l’approvisionnement en eau potable de Lausanne et d’un grand nombre
de communes alimentées en eau par Lausanne, tout en répondant aux exigences
actuelles et futures en matière de qualité de l’eau.
Oppositions attendues
Un délai de recours de 30 jours s’applique, et plusieurs oppositions laissent
présager un retard dans l’entrée en force du permis. Les coûts du projet ont
été réévalués à 137 millions, en raison du renchérissement et des adaptations
apportées pour répondre aux oppositions. De plus, afin de réduire l’impact
environnemental et les nuisances de chantier, la technique de mise en œuvre des
futures conduites au lac par forages dirigés a été choisie au lieu des fouilles
classiques. Une demande de crédit complémentaire sera faite au Conseil communal
lorsque la date du début des travaux sera imminente et que la majorité des
soumissions seront rentrées.
Ces investissements sont entièrement financés
par la vente d’eau potable, comme exigé par la Loi vaudoise sur la Distribution
de l’eau. Le prix de l’eau potable ne sera pas impacté, vu les réserves
constituées précisément dans ce but.