Lausanne traquera les polluants éternels dans le lac de Neuchâtel
La capitale vaudoise réalisera les analyses et apportera son expertise scientifique pour une étude pilote menée sur l’eau du lac à la hauteur de Grandson. Les PFAS, très persistants, pourraient bientôt être soumis à des normes suisses renforcées, d’où la recherche de traitements plus durables de l’eau potable.
Crédit image: Arkelin, CC_BY-SA_4.0
Les défis toujours plus pointus lancés au traitement de l'eau potable obligent la capitale vaudoise à anticiper l’évolution de la législation.
La Ville de Lausanne participe à un projet de recherche visant à évaluer des solutions de traitement avancées pour l’élimination des PFAS et de l’acide trifluoroacétique (TFA) dans les ressources destinées à la production d’eau potable. Les expériences auront lieu à Grandson, en utilisant de l’eau pompée dans le lac de Neuchâtel. Les PFAS, substances per- et polyfluoroalkylées, souvent qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur grande persistance dans l’environnement, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques synthétiques. Utilisées depuis des décennies pour leurs propriétés hydrofuges et leur stabilité chimique, ces substances sont aujourd’hui largement détectées dans l’environnement, y compris dans certaines ressources en eau.
Anticiper
l’évolution des règlements
En Suisse, les valeurs réglementaires actuellement en vigueur dans l’eau
potable restent peu contraignantes. Toutefois, les évolutions législatives en
cours, notamment la prise en compte de l’acide trifluoroacétique (TFA),
pourraient conduire à un renforcement significatif des exigences de qualité.
Dans ce contexte, de nombreux distributeurs d’eau pourraient être amenés à
devoir adapter leurs filières de traitement.
Explorer
des approches alternatives
Pour anticiper ces évolutions et d’éviter une généralisation de procédés très
énergivores, le projet vise à évaluer des solutions alternatives, plus ciblées
et potentiellement plus durables. L’étude porte sur le couplage de la
nanofiltration avec des procédés d’adsorption, reposant soit sur des charbons
actifs, soit sur des résines échangeuses d’ions. Les essais permettront
d’évaluer l’efficacité de ces différentes configurations pour l’élimination des
PFAS, du TFA et d’autres micropolluants.
Un
partenariat à forte valeur scientifique
La conduite globale du projet est assurée par le bureau d’ingénierie RWB. Les
essais pilotes seront menés à Grandson, sur de l’eau de surface prélevée dans
le lac de Neuchâtel. SAGENORD (Société Anonyme de Gestion des Eaux du
Nord-Vaudois) et l’ACRG (Association à buts multiples des Communes de la Région
de Grandson) participent à ce projet en mettant à disposition leurs ressources
techniques et humaines.
La Ville de Lausanne contribue activement à l’étude en mettant à disposition son expertise technique et en assurant l’ensemble des analyses au sein du laboratoire du Service de l’eau, reconnu pour ses compétences dans le domaine des micropolluants.
Le projet bénéficie en outre d’un accompagnement scientifique de haut niveau, notamment par l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag). Il est financé à la fois par le FOWA (Fonds de recherche pour l’eau) de l’Association pour l’eau, le gaz et la chaleur (SVGW) et les contributions financières de chaque partenaire.» . Les premiers résultats de l’étude sont attendus à la fin de l’année.