Lausanne végétalise pour atténuer la sensation de chaleur en milieu urbain
Le projet pilote Place au frais, initié à Lausanne en 2025 en partenariat avec l’EPFL, dévoile ses premiers enseignements. Il montre dans le quartier de Sous-gare qu’un aménagement léger et végétalisé réduit la sensation de chaleur plus efficacement que ne l’indiquent les capteurs.
Crédit image: Filip Goc
Cet aménagement végétalisé transitoire a livré de précieux enseignements sur la gestion des îlots de chaleur en ville.
Après un été d’expérimentation à la place lausannoise des Saugettes, les conclusions montrent qu’un dispositif léger, combinant ombrage, assises et végétation, peut renforcer le confort urbain en période estivale. Ces premiers enseignements constituent une base précieuse pour nourrir les réflexions de la capitale vaudoise en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’aménagement temporaire des espaces publics.
Test
sur un été
Pour rappel, la structure Place au frais, conçue par le Geometric Computing
Laboratory (GCM) de l’EPFL, propose un espace accessible à tous visant à
répondre aux fortes chaleurs en ville. Durant l’été 2025, l’expérience grandeur
nature a fait l’objet d’un suivi attentif et participatif afin de mesurer son
impact réel sur le rafraichissement de la place. Des observations de terrain
ont été menées et un questionnaire a été proposé aux usagers pour collecter
leur ressenti. En parallèle, des capteurs ont permis de mesurer les
températures sous la structure.
Un
ressenti plus froid
Lorsque la température augmente, les personnes présentes sous la structure
ressentent qu’il y fait plus frais que ce que les capteurs indiquent. Même si l’ombrage
était partiel, la végétation présente a tout de même apporté une sensation de
fraîcheur. Ce ressenti est difficilement observable par des mesures objectives
de températures réalisées à l’aide de capteurs. « L’expertise d’usage des
passants nous a amené des informations précieuses et complémentaires à celles
des capteurs, ce qui encourage la poursuite de projets participatifs en lien
avec le Plan climat », souligne Natacha Litzistorf, conseillère municipale en
charge du logement, de l’environnement et de l’architecture. Par ailleurs, les
retours collectés dans le questionnaire soulignent également l’ambiance
agréable et calme apportée par la structure et les plantes, ainsi que la
plus-value des bancs pour ce type d’aménagement.
Les
vertus de la simplification
Ce
projet met également en lumière les améliorations à considérer pour ce type de
dispositifs, par exemple la présence d’un point d’eau ou d’une couverture
végétalisée plus dense. Les enseignements tirés de cette expérience seront
partagés avec les services de la Ville, afin de favoriser encore davantage la
prise en compte des enjeux de la surchauffe estivale et des changements
climatiques dans les projets.
Cette conclusion donne des pistes concrètes pour de futurs aménagements temporaires. Les résultats complets sont à découvrir à la place des Saugettes, dans le quartier Sous-Gare, à travers une exposition en plein air qui se tiendra du 23 avril jusqu’à l’automne.