Travaux herculéens pour assainir le dépôt de munitions de Mitholz
C’est un chantier titanesque qui va faire place nette sur le site de l’explosion de 1947 dans l’Oberland bernois. Sa dépollution exigera la mise en place d’une logistique compliquée, axée essentiellement sur la gestion des matériaux excavés et la sécurité. Les travaux dureront jusqu’en 2047.
Crédit image: armasuisse
Le chantier devra avant tout sécuriser la ligne de chemin de fer et la route cantonale.
Le résultat des analyses est implacable. La zone de l’ancien dépôt de munitions de l’armée à Mitholz, dans l’Oberland bernois, est fortement contaminée et son assainissement s’annonce compliqué. L’Office fédéral de l’armement (armasuisse) vient de préciser la nature des travaux à entreprendre, et cela nécessite quelques mises à l’enquête supplémentaires et des reports du chantier jusqu’en 2047.
Le
cône de tous les dangers
Le dépôt souterrain a explosé en 1947, faisant plusieurs victimes. La zone est
encore aujourd’hui fortement affectée par des matériaux polluants. Mais armasuisse
a de la chance de constater que la qualité des pâturages sur place n’est pas
entachée par la présence de munitions non explosées et profondément enfouies sous
la montagne. Le cône d’éboulis de l’ancienne galerie ferroviaire souterraine
est en revanche fortement touché.
De
quoi remplir trois fois le Palais fédéral
Les travaux d’assainissement promettent d’être gigantesques. Il faudra déblayer
environ 350'000 m³ de matériaux à la hauteur du cône d’éboulis. Soit un volume
trois fois supérieur à celui du Palais fédéral à Berne ! Les couches les
plus polluées sont souvent recouvertes de plusieurs mètres de gravats accumulés
lors de laves torrentielles ou catastrophes naturelles. C’est notamment le cas
du site de dynamitage, enfoui par ce genre d’évènements et par la construction du
dépotoir à alluvions du Stägebach.
Sols
à décaper
Le chantier est herculéen. Il faudra protéger les pâturages avoisinants, par
décapage préalable et rétablissement des sols, pour autant que la charge
polluante du terrain ne s’en mêle pas. Les matériaux les plus contaminés devront
être traités. Fort heureusement, les eaux souterraines, les ruisseaux et les biens
protégés sont intacts.
Une
surface de stockage étendue
Les travaux demandant aussi la mise en place d’une logistique complexe. La
gestion des matériaux excavés sera concentrée sur les zones polluées affectées
par l’explosion de 1947. La surface de stockage sera aussi étendue. Une loge et
un pavillon d’information seront construits. Armasuisse créera une nouvelle
plateforme de test pour le tri et l’élimination des munitions encore présentes
sur place. La ligne de chemin de fer et la route cantonale seront aussi
protégées par de nouveaux ouvrages, dont une galerie. Le chantier proprement
dit pourra être lancé dès 2029. Le suivi des procédures prolonge ainsi l’assainissement
de la zone de deux ans.