Vaud et Lausanne agissent contre la pollution des sols
Face à la pollution aux dioxines, l’Etat de Vaud et la
Ville de Lausanne ont conclu un accord de préfinancement permettant de lancer
immédiatement une première phase de quatre ans dédiée aux investigations et aux
assainissements prioritaires. Ce dispositif couvre plus de 1600 investigations
techniques tout en posant les bases d’une stratégie à long terme conforme aux
échéances fédérales prévues entre 2032 et 2045.
Crédit image: Rama, CC_BY-SA_2.0
Vaud et Lausanne lancent une première phase d’assainissement pour traiter la pollution aux dioxines et protéger les sites les plus sensibles.
La pollution aux dioxines en région lausannoise pousse
l’Etat de Vaud et la Ville de Lausanne à agir. Les deux autorités ont conclu un
accord pour lancer des investigations techniques et des assainissements
prioritaires sur les sites concernés. Par le biais d’une convention, les
autorités cantonales et communales se sont accordées sur un préfinancement afin
d’initier rapidement une première étape des procédures d’assainissement selon
l’ordonnance fédérale sur les sites contaminés (OSites), ainsi que des travaux
d’investigations sur l’ensemble du périmètre concerné par la pollution aux
dioxines.
L’objectif est d’agir sans délai tout en construisant une
stratégie à long-terme. Pour les autorités, il s’agit aussi de respecter les
échéances prévues dans la loi fédérale sur la protection de l’environnement
(LPE), qui a introduit récemment le principe d’une indemnisation, par un Fonds
fédéral OTAS, jusqu’à 40 % des coûts imputables aux investigations et aux
assainissements des sites pollués, sous condition que les investigations soient
achevées avant le 31 décembre 2032 et que les assainissements soient terminés
avant le 31 décembre 2045.
Une stratégie structurée et ambitieuse
Cette première étape de mise en œuvre de l’OSites doit se déployer sur les
quatre prochaines années. Elle repose sur une stratégie en trois volets avec,
en parallèle, la réalisation d’investigations de plus de 1600 parcelles
publiques et privées potentiellement concernées par un assainissement.
Le premier volet se concentre sur les endroits
prioritaires, c’est-à-dire les lieux accueillant des enfants (écoles, crèches,
services de garde, aires de jeux, etc.) se situant dans le périmètre le plus
pollué, soit une quinzaine de sites. Les autorités cantonales et communales
souhaitent lancer les travaux d’investigation et d’assainissement dès le
premier semestre 2026 sur ces terrains prioritaires.
Le second volet consiste en la réalisation
d’investigations sur un périmètre pilote représentatif des différents niveaux
de pollution, afin d’évaluer de manière fine les besoins d’assainissement en
fonction des usages du sol. L’objectif est d’affiner la stratégie générale
d’assainissement en collectant des données utiles pour juger de la
proportionnalité des mesures et améliorer leur efficacité. Ce périmètre pilote
englobe les quartiers de la Pontaise, de la Borde et du Palais de Beaulieu et
inclut plus d’une centaine de parcelles publiques et privées aux usages variés
(zones d’habitation, structure d’accueil pour enfants, parcs, etc.). Sur ce
périmètre, les autorités cantonales et communales souhaitent entamer les
investigations dès mi 2026.
Enfin, le troisième volet consiste à profiter des projets
de construction impliquant des mouvements de matériaux terreux dans le
périmètre pollué pour demander aux propriétaires de réaliser des investigations.
En fonction du taux de pollution et de l’utilisation des terrains, des
assainissements pourraient être alors exigés.
Projet à plus de 8 millions
Pour avancer rapidement avec ces premiers assainissements et les investigations
sur plus de 1600 parcelles, les autorités ont conclu un accord de
préfinancement qui fait l’objet d’une convention. Celle-ci précise les montants
investis et la répartition des tâches de cette première étape de mise en œuvre
de l’OSites. Les frais d’assainissement des sites prioritaires de 5,2 millions
de francs seront assumés par la Ville de Lausanne, tandis que les
investigations seront financées par le Canton pour un montant estimé à 3,5
millions de francs. Cet accord de préfinancement précise aussi que les parties
s’engagent à collaborer étroitement et à coordonner l’exécution des mesures. Il
ne préjuge pas de la répartition finale des coûts.
Un engagement fort sur le long terme pour la santé et l’environnement
Avec cette décision, le Canton et la Ville de Lausanne s’engagent dans des
travaux importants et nécessaires pour préserver l’environnement et protéger la
santé de la population sur le long terme. Il s’agit de remédier à une situation
héritée du passé. Conscientes que les enjeux de pollution environnementale
constituent un des défis du XXIe siècle, les autorités cantonales et communales
sont déterminées à collaborer étroitement et à continuer de communiquer en
toute transparence avec la population, tout en augmentant les connaissances
scientifiques tant d’un point de vue de la santé que de l’environnement.