La suspension de Goesgen a pesé sur les activités d’Alpiq
Pour l’énergéticien basé à Lausanne, l’année 2025 a été marqué par l’interruption de la production de la centrale nucléaire de Goesgen. Des perturbations opérationnelles et un environnement de marché exigeant ont rendu son activité difficile. Mais le résultat opérationnel du groupe est positif.
Crédit image: Jérémy Thoma, CC_BY-SA_4
La révision technique des installations nucléaires soleuroises sera terminée dans quelques jours.
L’arrêt temporaire de la centrale nucléaire de Goesgen (SO), actuellement en révision en raison de risques potentiels de surcharge dans son système d’alimentation en eau, a privé Alpiq — qui en détient 40 % — d’une partie importante de sa production d’électricité, estimée à 2,2 TWh jusqu’en février. Ces travaux, décidés d’entente avec l’autorité de surveillance pour renforcer la sécurité des installations mises en service dans les années 1960, entraînent un manque à gagner global de 500 millions de francs pour la société exploitante, dont environ 200 millions de francs à la charge d’Alpiq. Ne fournissant plus d’électricité à ses clients durant cette période, le groupe a dû s’approvisionner sur le marché aux conditions actuelles, ce qui réduit son résultat opérationnel.
Liquidités
en hausse
Malgré ces difficultés, Alpiq a réalisé une belle performance en 2025, avec un
EBITDA ajusté de 572 millions de francs. Bien qu’en deçà des résultats
exceptionnels des années précédentes, cette performance illustre la position
financière robuste et la résilience d’Alpiq dans un marché de l’énergie
dynamique: la liquidité de l’entreprise a augmenté de 71 millions de francs
pour atteindre 1 749 millions de francs en fin d’année. Le flux de trésorerie
opérationnel a atteint 490 millions de francs et la trésorerie nette a augmenté
de 130 millions de francs pour atteindre 558 millions de francs.
En juillet 2025, Alpiq a émis avec succès un emprunt obligataire à 10 ans de 150 millions de francs à des conditions favorables. La solide position financière de l’entreprise lui a permis de poursuivre ses investissements dans des secteurs de croissance et de distribuer un dividende de 162 millions de francs en 2025. Dans l’ensemble, Alpiq conserve une excellente santé financière, soutenue par un ratio de fonds propres de 61 %.
La Suisse comme centre
En 2025, Alpiq a continué à faire de la Suisse un axe central de son
développement, avec l’achèvement de la modernisation de la centrale
hydroélectrique de Mottec et la rénovation en cours de la Centrale de Bieudron,
la plus puissante du pays, dont les travaux doivent se terminer cette année. En
consolidant ainsi la sécurité d’approvisionnement et la flexibilité du réseau
helvétique, le groupe a également accéléré ses investissements dans le stockage
par batteries en Europe, renforcé des capacités de production flexibles en
Italie, en Espagne et en Hongrie.
Une bonne visibilité
Alpiq a déjà couvert la plupart de ses positions longues sur l’énergie en 2026
et aborde l’année avec une bonne visibilité sur ses bénéfices. L’entreprise
prévoit de continuer à accroître son portefeuille de flexibilité – avec
notamment l’acquisition récente du BESS de Cheviré de 100 MW en France et
d’autres projets de stockage de batterie dans plusieurs pays européens – ainsi
que de poursuivre ses investissements dans l’énergie hydraulique et les
aménagements flexibles. Au cours des prochaines années, Alpiq s’engage à
augmenter de manière significative ses investissements dans des installations
flexibles, jusqu’à 1 milliard de francs par an.
L’entreprise continue de promouvoir activement les projets de la Table ronde sur l’énergie hydraulique en Suisse, en particulier le futur réservoir à buts multiples de Gornerli près de Zermatt. La centrale nucléaire de Gösgen devrait être raccordée au réseau le 21 mars. Toutefois, son arrêt devrait affecter le résultat annuel 2026. Alpiq conserve une position solide pour financer sa croissance organique, moderniser ses aménagements et soutenir sa clientèle, tout en contribuant de manière fiable à l’amélioration du climat et à la sécurité d’approvisionnement en Suisse et en Europe.