Fribourg a revu sa copie pour relier Marly et Matran par la route
Après l’examen de 110 oppositions et l’ajout de nouvelles exigences climatiques, le projet de liaison routière est à nouveau à l’enquête publique. Il comprend d’importants ajustements pour la mobilité douce, l’environnement, la biodiversité et la sécurité. La nature n’est pas oubliée.
Crédit image: Etat de Fribourg
Le nouveau tracé de 3,5 km désengorgera notamment l'échangeur autoroutier de Fribourg-Sud.
Pour renforcer les transports publics et la mobilité douce, le canton de Fribourg veut réduire le trafic individuel motorisé dans le secteur sud de sa capitale cantonale. Le projet proposé prévoit la construction d’une route de 3,5 km avec deux ponts, constituant un lien entre le sud de l’agglomération de Fribourg et la jonction autoroutière de Matran. Il répond à la volonté du Grand Conseil et du Conseil d’Etat de soulager l’itinéraire « Marly – Route de la Fonderie – Route de la Glâne – jonction autoroutière Fribourg-Sud/Centre » d’une partie du trafic individuel motorisé pour donner la priorité aux transports publics et à la mobilité douce dans ce secteur.
De nombreuses oppositions
A l’issue de la première mise à l’enquête publique en décembre 2020, 110
oppositions et cinq prises de position ont été reçues. Leur traitement a
nécessité des adaptations du projet et des compléments au rapport d’impact sur
l’environnement. De plus, la loi cantonale sur le climat, entrée en vigueur le
1er octobre 2023, exige une évaluation de la compatibilité climatique. En
septembre 2024, le Grand Conseil a approuvé un crédit d’engagement
supplémentaire afin que les travaux relatifs aux études nécessaires à ce projet
d’importance cantonale puissent se poursuivre.
Un projet complété et réévalué
Le projet complété et adapté a récemment pu être mis à l’enquête publique. Lors
d’une conférence de presse, le conseiller d’Etat Jean-François Steiert et
l’ingénieur cantonal en charge ont souligné que les préoccupations soulevées
dans les oppositions et les prises de position avaient été soigneusement
évaluées et en conséquence, la liste des adaptations est importante.
Crédit image: Etat de Fribourg
Le nouveau viaduc de Hauterive sera construit sur un terrain difficile.
Les adaptations portent notamment sur les infrastructures pour les vélos et la mobilité douce, ainsi que, à certains endroits, sur le tracé routier, la protection contre les crues et les mesures visant à respecter les exigences environnementales. De plus, les études sur le bruit et l’éclairage ont été actualisées, et des améliorations écologiques, des biotopes, des revitalisations des cours d’eau et des mesures de compensation de grande envergure ont été intégrées. Des ajouts ont également été apportés pour la protection de la faune et de la flore, avec des passages sécurisés et un système de détection. L’évaluation climatique montre que les émissions quantifiées pour la réalisation de ce projet sont estimées à 15'735 t de CO2, soit environ 1 % des émissions annuelles émises sur le territoire cantonal en une année.
Seuls les changements sont attaquables
Dans le cadre de cette mise à l’enquête complémentaire, seules les nouvelles
dispositions ajoutées au projet depuis la première mise à l’enquête publique en
2020 peuvent faire l’objet d’une opposition. Conformément aux dispositions
légales, la mise à l’enquête complémentaire dure 30 jours. Les documents
peuvent être consultés auprès du Service des ponts et chaussées, des communes
de Marly et d’Hauterive ou de la préfecture. Le calendrier prévisionnel prévoit
qu’une votation populaire pour le crédit de construction interviendra au plus
tôt en 2029 et un début des travaux en 2030.
Les vélos mieux pris en compte
Le projet ajoute des bandes cyclables le long du tracé, de chaque côté de la
chaussée entre les giratoires du Stand et d’Hauterive, et prévoit divers
cheminements pour la mobilité douce au droit de ces carrefours. Il ajoute
également une piste cyclable dans le secteur de la Comba et permet la remise en
culture d’une partie de la route d’Hauterive. Les giratoires du projet sont
adaptés pour le passage des camions long‑bois. Le chemin et le pont de
Vuisserens sont modifiés, tout comme les emprises, en fonction des nouveaux
éléments.
Meilleure gestion des eaux
Le point de rejet d’un bassin d’évacuation des eaux est
modifié afin de diminuer l’impact sur la zone alluviale. La position des piles
du pont d’Hauterive est ajustée pour respecter l’espace naturel, et le pont du
Copy est modifié dans le même objectif. Deux tronçons de ruisseaux doivent être
revitalisés. Des compensations sont
ajoutées pour les impacts sur la zone alluviale, les milieux naturels et les
surfaces de promotion de la biodiversité. Les biotopes sont modifiés ou
complétés pour renforcer la biodiversité. L’étude des boisements hors‑forêts
est réalisée et des mesures de compensation sont prévues.
Défrichement revu
Le dossier de défrichement est adapté, notamment
concernant les surfaces de défrichement et de reboisement. Des nichoirs à
oiseaux sont ajoutés en compensation de l’abattage des boisements hors‑forêt.
Les passages à faune et amphibiens sont modifiés, et un système de détection de
la faune est ajouté pour prévenir les automobilistes au bois de Monterban. Des
structures favorables aux reptiles et à la petite faune sont ajoutées, ainsi
que des structures guides. Des relevés complémentaires et des mesures de protection
et de compensation pour les chauves‑souris sont effectués. Une place
d’entretien est ajoutée le long du tracé. Un rapport d’impact complémentaire
est établi. Des études d’éclairage sont ajoutées pour limiter la pollution
lumineuse. Enfin, les études du bruit sont adaptées en fonction de l’étude de
vérification du trafic 2022.