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L’architecte de l’A16 reçoit un prix international

Son travail de conception de l’A16 est récompensé par une distinction internationale. L’architecte Renato Salvi a reçu vendredi soir à Vicenza, en Italie, un des dix prix spéciaux décernés à l’occasion du «Premio Internazionale Dedalo Minosse». Une reconnaissance pour son travail sur la réalisation des portails des tunnels de la Transjurane. Le titre salue également l’audace du canton du Jura, maître d’ouvrage de l’A16, qui avait décidé de confier cette mission à un jeune architecte.

Renato Salvi, architecte suisse aujourd’hui établi dans le canton du Valais, où il est l’architecte municipal de la ville de Sion, a œuvré pour la réalisation des portails de la Transjurane durant près de trente ans. Au total, il a dessiné une trentaine d’ouvrages sur le tronçon jurassien de l’A16. Renato Salvi, 60 ans, représente une profession que l’on trouve rarement sur un chantier d’autoroute. Avant lui, un seul exemple de collaboration entre un canton et un architecte pour la réalisation d’ouvrages autoroutiers existait au Tessin grâce à Rino Tami.

30 ans, l’œuvre d’une vie

Le canton du Jura a lancé en 1988 un concours d’architecture pour la construction de la Transjurane sur son territoire. Le but était d’intégrer au mieux l’autoroute dans le paysage et d’harmoniser les nombreux ouvrages d’art qui balisent ce ruban d’une cinquantaine de kilomètres.

Le choix du jury s’était alors porté sur un jeune architecte né à LaChaux-de-Fonds. A cette époque, il est assistant de Flora Ruchat à l’ETH de Zurich. Plus précisément, ce sont Renato Salvi et Flora Ruchat qui ont été choisis pour soigner l’esthétique de l’A16, une responsabilité que Salvi assumera seul dès 1998.

Aujourd’hui, lorsqu’il roule sur l’A16, Renato Salvi a l’impression de voir défiler sa propre vie: «Au début, je manquais d’expérience. La confrontation avec les ingénieurs était rude. J’ai ensuite gagné en maîtrise des problèmes techniques, ainsi qu’en assurance et audace. Après des débuts modestes à Delémont et Porrentruy, les ouvrages se sont améliorés.»

Ce regard d’architecte donne une cohérence à l’A16 jurassienne que n’a pas la section de la même autoroute dans le canton de Berne (l’ultime tronçon de l’A16 dans le Jura bernois).

«Créer une valeur paysagère plutôt qu’une route qui soit une nécessité subie»

«En général, une autoroute est un non-lieu, remarque Renato Salvi. Elle est une nécessité, pire, une fatalité subie. Or le Jura, des forêts aux pâturages, a été façonné par l’homme. J’ai essayé de concevoir cette autoroute comme une autre valeur paysagère. Elle met son environnement en tension pour mieux le révéler. J’ai ainsi essayé de minimiser l’attaque sur la nature. De soigner au mieux la cicatrice!»

Renato Salvi ne s’est pas occupé de tous les ouvrages et aménagements de l’A16. La conception de la plateforme douanière de Boncourt lui a échappé, ainsi que celle des murs de soutènement, qu’il juge affreuse, ainsi que le choix des emplacements des constructions industrielles qui poussent le long de la Transjurane et risquent de l’enlaidir.

Reste que cette signature architecturale impose l’A16 jurassienne comme l’une des plus belles autoroutes de Suisse, déjà au bénéfice de plusieurs prix en Suisse et en Europe. Elle reçoit aussi les visites régulières d’étudiants en architecture.

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