11:03 PROJETS

Le musée du bastion Saint- Antoine a trouvé ses architectes

Des travaux réalisés aux abords de la Vieille Ville avaient révélé des trésors archéologiques qui apportent un nouvel éclairage sur le passé de la cité. Le concours d’architecture lancé en août dernier a permis au jury d’examiner 91 projets. Constituée du bureau genevois Atelier traces et du bureau espagnol Estar, l’équipe lauréate a été désignée à l’unanimité.

Le projet intitulé «Lanterneaux» prévoit, pour mettre en valeur les vestiges, l’édification de quatre constructions géométriques en béton et calcaire sur l’esplanade du bastion. Chacun de ces quatre «lanterneaux» signale un site archéologique pour des époques précises: une casemate complète, du XVIe siècle, une villa gallo-romaine, une nécropole et la chapelle Saint-Laurent, datant de l’Antiquité tardive.

Interpeler les passants

Les petites constructions qui semblent sortir de terre serviront de balises pour éveiller la curiosité des piétons et les inviter à regarder, à travers les ouvertures lumineuses, le monde caché qui se trouvent sous leurs pieds. Une idée minimaliste qui a convaincu le jury. Isabelle Charolais, vice-présidente du jury et co-directrice du Département municipal des constructions et de l’aménagement explique «Nous avons été séduits par la subtilité de l’approche architecturale, par la modestie et la sobriété du projet, ainsi que par une grande économie de moyens.» L’enveloppe a, en effet, été fixée à 12 millions de francs par les autorités. Selon Jean Terrier, l’archéologue cantonal «3500 personnes ont déjà eu l’occasion de visiter le site. C’est de leur engouement qu’est venu le besoin de valoriser le lieu.» Très sobres, les lanterneaux font aussi allusion à l’architecture funéraire égyptienne qui s’ancrait à vingt mètres sous le sol.

Des secrets bien gardés

«Le thème architectural est particulièrement difficile, relève Isabelle Charolais, et impose de trouver une juste mesure entre magnifier un site d’une telle qualité et l’insérer dans l’environnement extrêmement délicat de la Vieille Ville. Il faut à la fois cacher et montrer, préserver et valoriser, protéger le patrimoine de la lumière et l’éclairer.» Le visiteur aura la possibilité de descendre dans les vestiges pour avoir une vision globale. Les points qui restent à définir concernent le mobilier urbain et l’arborisation mais selon Philippe Ramseier, l’architecte genevois primé «L’aménagement paysager de l’espace public s’inscrit dans la continuité de la promenade Saint-Antoine qui fonctionne très bien.» Avec le soutien de la population locale qui avait signé en 2013 une pétition pour que les vestiges ne soient pas recouverts, ce merveilleux petit musée devrait voir le jour dès 2019.

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