Les collections du Musée genevois d’histoire naturelle mises en péril
La vrillette du pain est un tout petit insecte, mais son action est dévastatrice. L’institution genevoise doit encore reporter sa réouverture de deux ans pour préserver l’intégrité de ses collections inestimables. Le chantier de transformation des bâtiments se prolonge encore par des travaux d’assainissement.
Crédit image: Ville de Genève, Nicole Zermatten
Les nouveaux bâtiments sont à peine construits que leur patrimoine est déjà malmené de manière sournoise.
La transformation du Musée genevois d’histoire naturelle va décidément d’une déconvenue à l’autre. Après avoir reporté à septembre prochain la réouverture de cette institution séculaire, la Ville de Genève et la direction du musée doivent encore patienter. La faute à la vrillette du pain, un insecte qui menace les inestimables collections qui doivent prendre place dans un espace complètement agrandi.
La Cité de Calvin n’hésite pas à parler de crise patrimoniale pour évoquer la gravité des dommages subis par son projet. Si l’insecte ravageur est petit, il n’en peut pas moins causer des dégâts irréversibles aux peaux, plumes, herbiers et décors de tout musée d’histoire naturelle. Détecté il y a un an dans le nouveau bâtiment de l’institution genevoise, il a atteint plusieurs spécimens qui auraient dû être exposés dans leur nouvel écrin dès la fin du chantier de rénovation.
Crédit image: Philippe Wagneur, Muséum de Genève
Les collections ont pourtant fait l’objet de mesures de protection particulièrement soignées. En pure perte.
La vrillette du pain s’est donc répandue dans tous les étages du nouveau volume des expositions. Il s’agira d’éradiquer l’intrus, de confiner les zones touchées, de sécuriser les locaux encore en chantier et d’installer des dispositifs de congélation et d’anoxie. Dès cet automne, le rez-de-chaussée doit être particulièrement restauré après avoir été désinfesté. La Ville de Genève a choisi un procédé d’une très grande complexité technique et logistique pour espérer ouvrir le musée, du moins partiellement, dès 2028.
Le Musée d’histoire naturelle de Genève restera donc fermé ces deux prochaines années. Mais la vrillette du pain continuera de préoccuper ses équipes quelque temps encore. Outre les travaux de désinfestation, la Ville de Genève doit consacrer plus de 7 millions à revoir les infrastructures du bâtiment. Le coût de cette opération de sauvetage s’élève déjà à une trentaine de millions.