Modifier un quartier en y construisant des logements ne va pas de soi
Il n’est pas facile à Genève de densifier l’espace construit. Les électeurs du canton doivent se prononcer sur un changement d’affectation d’une zone de villas à Chêne-Bourg. Les opposants au projet veulent lutter contre ce qu’ils appellent de la spéculation immobilière.
Crédit image: Etat de Genève
Les propriétaires appuient en majorité le projet de transformation de leur zone.
L’application de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire et la volonté de densifier l’espace construit provoque des débats passionnés à Genève. Le canton y répond non seulement en favorisant les projets immobiliers importants – comme à Confignon, mais aussi en invoquant une ligne directrice face à des communes réticentes. Celle de Chêne-Bourg s’oppose ainsi au à la modification d’une zone de villas au lieudit Seymaz-Sud au profit de constructions plus denses. Ce bras de fer qui affecte la politique cantonale en matière de logement sera tranché dans les urnes à la fin de ce mois.
Un
développement à contrôler
Les propriétaires concernés militent en majorité pour la transformation de leur
quartier dans le sens voulu par le canton. Ils invoquent une conception globale
du développement de la zone, avec la construction de 100 à 200 logements
supplémentaires d’ici 5 ans. Seymaz-Sud continuerait de se développer par la suite
sous contrôle des autorités. L’association de propriétaires de Seymaz-Sud
estime ainsi que la formule choisie est plus judicieuse que de faire face à une
avalanche de projets privés, ou à un concept imposé par un seul promoteur
immobilier.
Spéculation
redoutée
Le Grand Conseil genevois entend donc piloter un développement de la zone en
modifiant son affectation. Mais, pour les référendaires, cette formule ouvre la
porte à la spéculation, voire à la République des petits copains. L’Association
de défense des locataires (Asloca) souhaite aussi que les futurs logements
répondent mieux à la demande locale. Elle craint aussi une aggravation du régime
des loyers. Les opposants craignent aussi une surcharge des équipements publics
par d’autres résidents. Le Conseil d’Etat ne souhaite pas pour sa part modifier
la zone dans le sens voulu par les parlementaires car il estime le projet
risque de s’enliser.
Immeubles et forêts
Les électeurs se prononceront le 29 novembre sur le changement d’affectation de
la parcelle concernée et la création d’une zone de bois et forêts. Ils choisiront
entre la volonté de densifier et les réticences communales. Un projet de quartier
dense a déjà passé par un vote communal cette année à Confignon. Les électeurs
l’avaient retoqué, mais le canton peut encore le réaliser, même si la population
a fustigé son gigantisme avec succès.